On l’écrivait avant la rencontre : la présence de Franck Raviot dans les tribunes de Bollaert pouvait changer le niveau de prestation de Robin Risser.
Le gardien lensois aurait pu transformer cette surveillance en argument, offrant une prestation capable de bousculer la hiérarchie des gardiens tricolores. Une forme de pari mental, presque un examen grandeur nature. La réponse a été brutale.
Car la défaite de RC Lens face à AS Monaco a d’abord été celle d’un jeune gardien qui a sombré au pire moment. Robin Risser, impeccable sur une parade déterminante en première période, a ensuite ouvert malgré lui la voie à la remontada monégasque. Une faute de main sur la frappe de Balogun a relancé l’ASM, avant deux nouvelles actions où il est pris de vitesse ou de timing. Trois actions, dix minutes, et un Bollaert soudain glacé.
Cette fois, le contraste avec les louanges d’avant-match était saisissant : on vantait son sang-froid, ses statistiques d’élite en Ligue 1, sa capacité à briller sous pression. Franck Raviot, l’entraîneur de l’équipe de France, venu l’observer après un premier avis élogieux à la Gaillette, attendait une confirmation au niveau supérieur. Il a finalement assisté à la pire séquence de la saison pour le portier artésien.
Au coup de sifflet final, l’image est restée : Risser, tête basse, isolé, allant saluer seul la Marek, comme pour prendre sur lui le poids de la soirée. Ses coéquipiers, eux, rappelaient qu’il n’était pas responsable de tout. Malang Sarr l’a dit : « Je suis fautif avant lui sur l’action. Il a un mental d’acier. » Udol a renchéri : « C’est une défaite collective. Il nous fera gagner des points. »
Et c’est peut-être là la seule vérité à retenir : si Risser a manqué son grand rendez-vous, il ne l’a pas perdu définitivement. Le fiasco de ce samedi n’efface pas la trajectoire du joueur ni sa candidature pour les Bleus. Mais il rappelle qu’entre observation et consécration, il existe un gouffre : celui où l’on peut tomber… ou rebondir.
La suite appartient désormais au gardien lensois : transformer cette chute en déclic. Franck Raviot, lui, aura vu ce qu’il voulait voir. Rester à savoir ce qu’il en retiendra.
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