Le Mans – RC Lens : l’heure de vérité pour des recrues offensives lensoises en plein doute

Il est certainement trop tôt pour faire un bilan ou tirer des conclusions hâtives, mais le souci de Dino Toppmöller ne se situe pas qu’au niveau de la défense en construction ou d’un milieu de terrain balbutiant, l’animation offensive soulève elle aussi quelques interrogations. À l’aube du déplacement au Mans pour le compte de la quatrième journée de Ligue 1, le constat est limpide, presque cruel : sans l’omniprésence d’un Florian Thauvin sous perfusion héroïque, l’attaque du Racing serait en état de mort clinique.

L’énigme Ivanovic, un renfort trop tendre

L’énigme Franjo Ivanovic illustre parfaitement ce malaise ambiant. Prêté par le Benfica Lisbonne pour muscler l’avant-garde lensoise, notamment dans l’optique des joutes européennes, le Croate traverse pour l’instant les rencontres comme un fantôme. Son positionnement n’y change rien. Qu’il soit exilé sur le flanc gauche en championnat ou aligné à son poste de prédilection dans l’axe face au Slavia Prague, l’attaquant affiche une tendresse rédhibitoire. Constamment dominé athlétiquement par les charnières adverses, il s’est surtout distingué en Tchéquie par une fâcheuse propension à multiplier les mauvais choix, gaspillant de précieuses munitions sur des situations de contre-attaque qui auraient dû soulager son équipe.

Thorgan Hazard, un retour au ralenti

Le cas Thorgan Hazard n’incite guère plus à l’optimisme. Resté cloué sur le banc lors du déplacement européen, l’enfant de La Gaillette vit un retour aux sources pour le moins poussif. Si son toucher de balle laisse encore entrevoir quelques fulgurances techniques, son influence globale pose question. L’international belge donne trop souvent l’impression de ralentir le tempo plutôt que de l’accélérer. Pire encore, depuis le début de la préparation estivale, il n’a jamais semblé en mesure de se retrouver en position de conclure, une anomalie criante pour un joueur censé peser sur les défenses adverses.

Edouard dans l’ombre, Sima en seule certitude

Dans ce marasme, Odsonne Edouard peine lui aussi à émerger. Freiné par des soucis personnels à la fin du mois d’août, l’avant-centre est pour l’instant réintégré à doses homéopathiques par le staff technique. Ses entrées en jeu transparentes, que ce soit face à Lorient ou sur la pelouse du Slavia, le relèguent logiquement très loin derrière Abdallah Sima. Ce dernier reste à ce jour la seule véritable satisfaction de l’intersaison sur le front de l’attaque, prouvant qu’il est bien le seul attaquant de pointe à être réellement entré dans sa saison.

La jeunesse au pouvoir : l’étincelle Mesloub

Heureusement, quelques lueurs d’espoir percent à travers cet épais brouillard. Il est bien trop tôt pour émettre un jugement sur Junior Kadile, encore à court de rythme et d’automatismes, mais ses quelques prises de balle pragoises ont laissé entrevoir une capacité de percussion intéressante. Surtout, la véritable folie de ce début d’exercice porte un nom : Mezian Mesloub. À seulement 16 ans, après avoir déjà crevé l’écran en arrachant le but du retour en C1 face à Nantes au printemps dernier, le prodige artésien a été intenable lors de sa demi-heure en République Tchèque. S’il est bien évidemment hors de question de lui brûler les ailes en lui imposant un costume de titulaire trop lourd pour ses jeunes épaules, le fils de l’ancien capitaine lensois a tout pour s’imposer comme le « supersub » attitré de Toppmöller. Une insouciance dont cette attaque en plein doute a aujourd’hui cruellement besoin.

Nos derniers articles :

Partagez sur vos réseaux