Le miracle de Prague n’a pas suffi à adoucir les langues acérées des plateaux parisiens, toujours prompts à disséquer les failles du RC Lens avec un malin plaisir plutôt qu’à célébrer son panache. Si la victoire arrachée dans le temps additionnel a fait chavirer le peuple Sang et Or, le tribunal médiatique a préféré sortir le scalpel, pointant des lacunes que personne, en Artois, ne cherche pourtant à cacher.
Une copie objectivement raturée
Il faut être honnête : la première mi-temps face au Slavia est à ranger au rayon des mauvais souvenirs. Bousculé de toutes parts, transpercé dans l’axe, le Racing a souffert. La défense « made in Gaillette » a affiché ses limites continentales. Avec une infirmerie qui déborde et des absences longue durée, Dino Toppmöller est contraint de bricoler un système de survie.
Mais c’est surtout le milieu de terrain qui cristallise les angoisses. L’an passé, le duo Sangaré-Thomasson régnait en maître, ratissant les ballons et cassant les lignes. Aujourd’hui, l’attelage composé de Bulatovic, Haïdara, Cuisance et Titraoui n’a pas encore affiché son potentiel. Pas d’agressivité positive, aucune percussion : les milieux lensois courent après le cuir sans jamais le dominer.
Le tribunal médiatique en action
Sur les ondes, les observateurs s’en sont donné à cœur joie, oscillant entre analyse clinique et mépris assumé :
Daniel Riolo (L’After Foot) : Le polémiste n’a pas mâché ses mots sur la pauvreté du contenu. « Sans le temps additionnel, le match du RC Lens n’est pas bon. Les Lensois ont bénéficié d’une expulsion extrêmement sévère. Le milieu a été inexistant. » Il a tout de même concédé que ces ascenseurs émotionnels restent l’essence même de la Ligue des Champions : « C’est génial ce qu’il s’est passé et c’est exactement ça qu’on veut. »
Stephen Brun (Super Moscato Show) : L’ancien basketteur a choisi de retenir la dimension comptable de l’exploit, saluant une opération en or : « Démarrer en prenant trois points à l’extérieur, c’est de bon augure quand tu vises neuf ou dix points. »
Vincent Moscato (Super Moscato Show) : Fidèle à son personnage caricatural, l’ancien rugbyman a préféré la provocation gratuite à l’analyse sportive, dénigrant totalement l’exploit artésien pour attaquer son collègue : « Lens a fait une remontada, c’est bidon. Tu n’iras jamais voir un match à Lens. Moi, j’y suis invité. Si tu aimes autant Lens, va y vivre à Bollaert. »
Entre des carences structurelles évidentes et un cynisme médiatique qui confine parfois au mépris, le RC Lens continue d’avancer sur un fil. La suite de cette campagne européenne dira si Dino Toppmöller trouvera la formule pour faire taire les plateaux, ou si les Sang et Or devront s’habituer à ces victoires au bout de l’asphyxie.
🗣💬 « Il y a très peu d’animosité envers le RC Lens. Il n’y a pas de jalousie de la part des autres clubs. Cela fait deux-trois ans qu’ils travaillent bien. »@StephBrun41 évoque la sympathie que suscitent les Sang&Or, vainqueurs de leur premier match en C1 cette saison. pic.twitter.com/wpV6zBAnGC
— Super Moscato Show (@Moscato_Show) September 11, 2026
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