Vents contraires pour Abdukodir Khusanov

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Il y a un an à peine, Abdukodir Khusanov incarnait l’avenir du RC Lens. Débarqué de nulle part ou presque, l’Ouzbek à la gueule d’ange et au pied gauche prometteur avait mis tout Bollaert dans sa poche. Intelligent, appliqué, doté d’une belle lecture du jeu : il avait tout pour devenir le patron de la défense lensoise. Et puis, Manchester City est arrivé avec ses gros sabots et un chèque de 40 millions d’euros. Le genre d’offre qui ne se refuse pas… sur le papier.

Mais depuis son départ, le conte de fée ressemble de plus en plus à un cauchemar footballistique. À son arrivée, Pep Guardiola chantait ses louanges : “humble”, “rapide”, “aimé de tous”. Khusanov a même eu droit à quelques titularisations, grappillant 381 minutes sur six rencontres toutes compétitions confondues. Mais voilà : fin septembre, la cheville lâche. Depuis, tout s’écroule.
En son absence, un certain Matheus Nunes, recruté comme milieu de terrain, s’est installé avec autorité au poste d’arrière droit. Résultat : Khusanov rétrograde dans la hiérarchie, passant de l’espoir choyé à l’option de secours… voire même au placard.

Son retour face à Swansea en League Cup ? Une heure de jeu anonyme, voire inquiétante. Le Manchester Evening News n’y est pas allé par quatre chemins : “décevant”. Et comme si cela ne suffisait pas, sa reprise avec la sélection s’est soldée par un carton rouge contre l’Iran. Symptomatique d’un joueur en perte totale de repères.
Le constat est cruel : l’ancien taulier de la défense lensoise a peut-être grillé les étapes. Un an et demi à Lens, une trentaine de matchs, et déjà propulsé dans la galaxie City ? Dans un club où les Gvardiol, Aké, Stones ou Dias se battent pour deux places ? Même pour les génies précoces, l’environnement est impitoyable.

On en viendrait presque à penser que rester à Lens une saison de plus, dans un environnement stable, au cœur d’un collectif qui lui faisait confiance, aurait pu lui éviter cette impasse. Le “tremplin Lensois” fonctionne à merveille pour certains. Pour d’autres, il devient une rampe de lancement trop inclinée.
Kodir n’a que 21 ans. L’histoire n’est pas terminée. Mais Manchester City ne semble plus vraiment croire en son potentiel immédiat. La rumeur d’un retour anticipé de Vitor Reis, actuellement prêté à Gérone, pour doubler le poste d’arrière droit, est un signal clair.

Le gamin de Tachkent, qui rêvait des sommets de la Premier League, se retrouve aujourd’hui à devoir se reconstruire. Lentement. À l’ombre. Et peut-être ailleurs. Car entre ambitions légitimes et réalité brutale, il y a parfois un gouffre. Et Khusanov, en quittant Lens trop vite, semble y avoir plongé tête la première.

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