C’est une page sincèrement émouvante qui se tourne à la Gaillette. Hier, Tom Pouilly, pur produit du centre de formation lensois, a officiellement quitté son club de toujours pour s’engager trois saisons avec Pau, en Ligue 2. Un transfert sans indemnité, assorti d’un intéressement et d’une option de rachat prioritaire pour le RC Lens.
Arrivé à la Gaillette à l’âge de 7 ans, Pouilly aura gravi tous les échelons : école de foot, équipes de jeunes, réserve… jusqu’à ses débuts en Ligue 1, le 19 octobre 2024, à Saint-Étienne. Dix apparitions cette saison, deux titularisations, et toujours un état d’esprit irréprochable. À 22 ans, il incarnait cette génération discrète mais précieuse, formée localement, fidèle à l’ADN du club.
En avril dernier, il clamait encore son amour du maillot : « Si on me propose une carrière à la Éric Sikora, je signe tous les jours ». Et c’est justement là que le départ laisse un goût amer. Pouilly rêvait de s’inscrire dans la durée à Lens. Mais l’arrivée du Saoudien Saud Abdulhamid, officialisée dimanche, a changé la donne. Le voir reculer en R1 aurait été incohérent, son départ est devenu inévitable.
Pour autant, un simple prêt aurait pu préserver l’histoire. L’option de rachat laisse une porte entrouverte, mais nul ne sait si elle est activable dès l’été 2026… ou seulement au terme des trois années de contrat à Pau. Il part sans avoir eu le temps de montrer tout ce qu’il avait à offrir. Et c’est frustrant, pour lui comme pour nous.
Une vente à zéro euro assortie d’une option de rachat prioritaire est désormais utilisée par les clubs afin éviter de trop puiser dans le quota de prêt autorisé sur une saison.
« Je n’oublierais jamais mon premier match au stade Bollaert, ni les frissons en entendant le public chanter » a déclaré hier soir sur ses réseaux sociaux le jeune piston. « Tout ce que je suis aujourd’hui, je le dois à ce club. À tous les jeunes du centre de formation : travaillez fort, restez humbles, et n’oubliez jamais pourquoi vous avez commencé. Vous êtes dans un club unique, une vraie famille. Respectez-la, aimez-la, honorez-la. Le RC Lens, ce n’est pas seulement l’endroit où j’ai grandi. C’est mon club de toujours, mon club de cœur. Celui qui m’a fait rêver petit, qui m’a donné mes premières chances, et où, je l’espère de tout cœur, je pourrai revenir un jour. »
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