À quelques heures du déplacement à Stade Bollaert-Delelis, Rennes replonge en pleine tourmente. Habib Beye, déjà fragilisé cet automne, a ravivé l’incendie en écartant Brice Samba, son gardien international et vice-capitaine. Une mise à l’écart sortie de nulle part, sauf peut-être d’un vestiaire qui craque de partout.
La décision rappelle les mises à l’écart retentissantes de Seko Fofana et Ludovic Blas en octobre, déjà justifiées par un manque d’investissement. Depuis, Fofana est parti en prêt et Blas joue par intermittence. Brice Samba, lui, n’a même pas pris la route pour Lens.
Ce choix intervient au pire moment : Rennes reste sur quatre matchs calamiteux (Le Havre, Lorient, Monaco, Marseille) et un vestiaire qui semble ne plus suivre son coach. L’accrochage entre Beye et Samba après le deuxième but encaissé à Marseille a mis de l’huile sur le feu, malgré les tentatives de minimisation du technicien breton. Beye reproche à son gardien ses relances longues, qui ont débouché sur des buts concédés dans des contextes similaires. Une consigne non respectée, selon lui, et un symbole des tensions croissantes.
Dans ce contexte déjà électrique, plusieurs sources assurent que Beye aurait envisagé une rupture avec le club dès mercredi, au lendemain de l’humiliation au Vélodrome. Le coach, sous contrat avec prolongation automatique en cas d’Europe, représentait une sortie coûteuse, mais la simple évocation d’un départ dit beaucoup de son état de fragilité. La direction, par la voix de Guillaume Cerutti, nie toute remise en cause immédiate et rappelle l’objectif inchangé : décrocher une place européenne. Mais le climat interne, lui, reste brûlant.
Même les séances d’entraînement sont décrites comme tendues, malgré les démentis officiels. Certains membres du staff songeraient à partir. Des joueurs ont été ballotés par les rumeurs de transferts jusqu’aux dernières heures du mercato. D’autres, jeunes, peinent à absorber la pression. L’équipe, qui avait brièvement renoué avec la lumière en novembre-décembre grâce notamment aux arrêts décisifs de Samba, semble revenue à son point de rupture.
Ce n’est pas la première fois que Beye tangue. Fin octobre, il avait déjà cru son aventure terminée après la défaite contre Nice, allant jusqu’à vider son casier avant d’être finalement maintenu, faute de solution alternative. L’éclaircie avait duré quelques semaines, jusqu’au succès à Lille. Puis la machine s’est enrayée de nouveau, au gré des blessures, des départs (Fofana, Meïté, Jacquet), et des turbulences internes.
À Lens, Rennes se présentera dans un désordre rare, avec un gardien débutant, Mathys Silistrie, titularisé pour la première fois en Ligue 1. Beye évoque un groupe « peut-être irrégulier jusqu’à la fin de saison », tout en rappelant que les Rennais ont toujours su rebondir. Le problème ? Cette fois, le vestiaire semble moins disposé à tomber avec son coach… ou à se relever avec lui.
Face à un RC Lens solide, dans un Bollaert incandescent, Rennes avance en terrain miné. Et l’impression domine que le match ne se jouera pas seulement sur la pelouse : c’est l’avenir du coach et la cohésion d’un groupe à bout de souffle qui se jouent ce samedi.
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