On le sait adepte du fameux « c’était mieux avant » et prompt à fustiger les dérives de notre époque. Pourtant, invité sur le plateau de CNews au lendemain de la finale de la Coupe de France remportée par le RC Lens face à Nice (3-1), l’intellectuel Alain Finkielkraut a surpris son monde. Celui qui se définit comme n’étant « ni de droite ni de gauche » a mis de côté sa mélancolie habituelle pour livrer une magnifique déclaration d’amour au peuple Sang et Or, le plaçant en opposition totale avec la violence qui gangrène d’autres stades de l’Hexagone.
Le football moderne et ses dérives dans le collimateur
Pour le philosophe, le comportement de certains publics actuels, entre les débordements des ultras parisiens et les envahissements de pelouse impulsifs dès qu’une équipe flanche (comme on l’a vu récemment à Nice ou Metz), poussait au dégoût du sport. Pour éviter toute mauvaise interprétation de sa pensée, voici l’intégralité de sa réflexion livrée à l’antenne :
La prise de parole d’Alain Finkielkraut :
« Devant les violences commises par certains supporters, notamment ceux du PSG mais aussi ceux qui envahissent les stades quand leur équipe n’est pas bonne, j’ai eu envie de penser que c’était mieux avant. Et là je consolidais ma réputation de ronchon et il s’est passé ce qu’il s’est passé.
Oui mais là j’ai fait vraiment le vieux schnock. Quand j’allais au match au Parc des Princes avec mon père, j’étais un petit garçon, donc c’était le Racing Club de Paris qui jouait les grands matchs, c’était Racing contre Stade de Reims. Et figurez-vous, les supporters du Racing applaudissaient les belles actions du Stade de Reims. C’était comme ça.
Mais Lens m’a évité d’être totalement has-been, parce que j’ai vu des images des supporters lensois qui accueillaient leur équipe au retour du grand match contre l’OGC Nice. Et il y en a eu un notamment, les larmes aux yeux, qui a dit : “mon grand-père était mineur, j’aurais voulu qu’il voie ça”. Là j’étais très ému. Pas la moindre violence, pas le moindre souci, c’était simplement une grande émotion pour tout un peuple. »
Une leçon de dignité qui réconcilie les générations
En rappelant cette anecdote bouleversante d’un supporter pleurant la mémoire de son aïeul au fond de la mine, Alain Finkielkraut met le doigt sur ce qui fait l’essence unique du RC Lens : la transmission, le respect et la dignité.
Alors que la finale a été en partie gâchée par les projectiles des ultras niçois en tribunes, la réponse du peuple artésien s’est faite dans la communion et les larmes de joie lors du retour des héros à Bollaert. Une véritable leçon de ferveur populaire qui prouve que le football peut encore être synonyme de poésie et d’unité, loin de la haine des stades modernes.
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