Le déplacement des supporters du RC Lens à Paris, ce dimanche pour la 4e journée de Ligue 1 (défaite 2-0 face au PSG), a tourné à la frustration. Plus que le résultat sur le terrain, ce sont les conditions d’accueil et de sécurité imposées aux 1 000 fans artésiens qui ont fait polémique.
Des fouilles dignes d’une série carcérale
La plupart des supporters avaient fait le voyage en bus, encadrés par un dispositif policier massif. Mais dès l’arrivée au Parc, l’ambiance s’est dégradée. Descente un par un, fouilles individuelles dignes d’une prison de haute sécurité, interdiction d’accéder aux toilettes malgré les demandes insistantes… « J’avais l’impression d’être un détenu », raconte un fan lensois à RMC Sport.
Selon plusieurs témoignages, des gaz lacrymogènes ont été utilisés à plusieurs reprises pour tenter de « rétablir l’ordre ». Résultat : confusion, tensions et des supporters qui ont préféré tourner les talons plutôt que d’accepter ce traitement.
Un parcage qui se vide à la mi-temps
Sur les 1 000 supporters annoncés, environ 700 avaient pu s’installer en tribune haute et 300 en tribune basse. Mais une partie de ces derniers a refusé de se soumettre à des palpations jugées humiliantes, provoquant un face-à-face tendu avec les forces de l’ordre. Les gaz lacrymogènes ont fini d’achever le dialogue.
La première période a ainsi démarré devant un parcage clairsemé. Et à la mi-temps, la quasi-totalité des Lensois installés en tribune haute a quitté le stade en signe de solidarité avec ceux restés bloqués dehors. À la reprise, le parcage visiteurs sonnait creux : seuls quelques indépendants d’Île-de-France ont assisté à la seconde période.
Les Red Tigers dénoncent une « humiliation organisée »
Dans un communiqué publié dans la soirée, les Red Tigers ont fustigé une organisation « honteuse » et un dispositif « volontairement provocateur ». Le groupe d’ultras décrit « des policiers en tenue anti-émeute, gaz lacrymogène et taser ostensiblement visibles », et une sortie des bus « un par un, comme si nous étions des suspects à extrader ».
« Certains d’entre nous ont fini blessés, en sang, frappés par des coups aussi absurdes que brutaux », écrivent-ils encore. Avant de conclure : « On appelle ça une humiliation organisée. Qui a ordonné ce verrouillage ? Qui a fait appel à la BRAV-M ? Qui a validé cette escalade insensée ? »
Un nouvel épisode dans la gestion chaotique des déplacements
Après les incidents de Marseille, Lyon, Saint-Étienne ou Lille ces dernières saisons, ce PSG–Lens ajoute une ligne de plus au dossier déjà lourd de la gestion des supporters en France. Entre amateurisme administratif et surenchère sécuritaire, la frontière est de plus en plus floue. Une certitude, en revanche : dimanche soir, les Lensois sont repartis du Parc frustrés… sans avoir vu l’équipe qu’ils étaient venus soutenir.
Nos derniers articles :
- Abdukodir Khusanov sonné mais pas KO
- Franck Haise, la tentation rennaise
- Mercato : À Lens, les négociations s’enchaînent mais Ganiou va devenir une priorité
- Mercato RC Lens : Prolongation pour Allan Saint-Maximin ?
- Ligue 1 : le PSG repasse devant Lens, Marseille décroche, Lyon devient le vrai rival des Sang et Or


