Kevin Danso, le prix caché de son départ de Lens

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Le grand saut vers la Premier League devait propulser Kevin Danso dans une autre dimension. Sur le plan financier comme sur celui du prestige, le pari est réussi. Mais sportivement, l’ancien patron de la défense du RC Lens a aussi laissé derrière lui un statut que personne ne lui contestait, ni en club, ni en sélection.

Un transfert gagnant… sur le plan financier

Lorsque Kevin Danso a quitté le RC Lens en janvier 2025 pour rejoindre Tottenham, Joseph Oughourlian réalisait l’une des plus belles ventes de l’histoire récente du club. Entre le prêt payant puis le transfert définitif avoisinant les 25 millions d’euros, l’opération s’est révélée particulièrement rentable pour le Racing. Pour le défenseur autrichien, c’était également l’occasion de découvrir la Premier League et de franchir un nouveau cap dans sa carrière.
Dix-huit mois plus tard, le bilan est pourtant plus nuancé.

De patron à joueur de rotation

À Londres, Danso a découvert un tout autre environnement. Fini le rôle de leader incontesté qu’il occupait en Artois. À Tottenham, l’ancien Lensois s’est retrouvé plongé dans une concurrence permanente. Lors de sa première saison complète sous les couleurs des Spurs, il a certes bénéficié d’un temps de jeu conséquent, alternant titularisations et entrées en cours de rencontre, tout en participant au parcours européen conclu par un sacre en Ligue Europa. Une expérience prestigieuse, mais loin du statut de patron qu’il connaissait sous Franck Haise et Will Still.

La sélection autrichienne change de hiérarchie

Ce changement de dimension ne s’est pas limité à son quotidien en club. Il a également eu des conséquences en sélection autrichienne.
Longtemps considéré comme une pièce maîtresse de la défense de Ralf Rangnick, Kevin Danso n’est plus aujourd’hui un titulaire automatique. La Coupe du monde 2026 en apporte une illustration frappante.
Lors de la phase de groupes, le défenseur de 27 ans n’a débuté qu’une seule rencontre, face à l’Argentine, disputant l’intégralité du match contre l’adversaire le plus prestigieux de la poule. En revanche, contre la Jordanie puis l’Algérie, il a dû se contenter d’entrées en cours de jeu, malgré son influence habituelle.
Le paradoxe est d’autant plus cruel que c’est bien lui qui a contribué à sécuriser la qualification autrichienne. Entré peu après l’égalisation de Riyad Mahrez face à l’Algérie, il a participé à stabiliser une défense en difficulté dans un match décisif.

Un huitième de finale pour rebattre les cartes

Jeudi, face à l’Espagne en seizième de finale, Kevin Danso espère retrouver une place dans le onze de départ. Rien n’est pourtant acquis. Les choix de Ralf Rangnick montrent que l’ancien Lensois est désormais utilisé selon le profil de l’adversaire plutôt que comme un titulaire indiscutable.
En quittant le RC Lens, Kevin Danso a incontestablement gagné en exposition médiatique, en salaire et en palmarès. Mais il a aussi abandonné un confort sportif rare : celui d’être le patron absolu d’une défense. Une perte de statut qui s’est progressivement répercutée jusqu’en sélection nationale.
Le football de très haut niveau impose souvent ce genre de compromis. Et si le choix de Tottenham reste logique dans une carrière, il rappelle aussi qu’un transfert vers un plus grand club ne garantit pas toujours davantage de responsabilités sur le terrain.

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