Kevin Danso : de patron à Lens à joker de luxe chez les Spurs

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Longtemps taulier de la défense artésienne, Kevin Danso poursuit sa trajectoire avec solidité et discrétion… de l’autre côté de la Manche. Depuis son départ du RC Lens en février 2025 pour Tottenham, l’international autrichien s’est construit une place dans la rotation défensive des Spurs, sans pour autant retrouver le statut de pilier absolu qu’il occupait chez les Sang et Or.

Arrivé à Londres sous forme de prêt avec obligation d’achat, Kevin Danso s’est vite imposé comme un renfort précieux pour une défense décimée. Sa première demi-saison a été marquée par une dizaine d’apparitions en Premier League et une contribution notable au parcours en Ligue Europa. Entré en jeu lors de la finale remportée face à Manchester United (1-0), il a ainsi ajouté un premier trophée majeur à son palmarès, une rareté pour Tottenham, en disette depuis 17 ans.
Cette saison, le défenseur de 27 ans continue de grappiller du temps de jeu : huit matchs de Premier League, quatre de Ligue des Champions, le tout avec des performances sérieuses sans être éclatantes. Danso ne fait pas de vagues, mais rend des copies propres. Il reste derrière le duo Romero – Van de Ven dans la hiérarchie, mais son profil de remplaçant fiable le rend précieux. Ses longues touches, devenues une arme tactique utilisée par Thomas Frank, lui valent même une comparaison flatteuse avec le mythique Rory Delap.
En sélection, Danso brille davantage. Titulaire indiscutable sous Ralf Rangnick, il a participé à la belle campagne de qualification de l’Autriche pour la Coupe du monde 2026, terminée en tête de son groupe. Lors du match décisif contre la Bosnie-Herzégovine (1-1), il a impressionné par sa maîtrise technique (96 % de passes réussies sur 110 tentées) et sa sérénité défensive. Le sélectionneur autrichien ne tarit pas d’éloges à son sujet.

À Londres, son adaptation n’a pas été immédiate. Il a reconnu avoir eu du mal à trouver ses marques : nouveau rythme, pression, barrière de la langue dans le vestiaire… Mais l’ancien Lensois a tenu bon. Sérieux, discipliné, dans l’ombre mais toujours prêt à répondre présent, il incarne ce type de joueur sous-coté que les supporters apprécient pour sa constance plus que pour ses highlights.
Ses statistiques parlent pour lui : peu de pertes de balle, bon rendement défensif (tacles, interceptions, duels aériens), et une certaine polyvalence dans l’axe, à droite comme à gauche. Les sites spécialisés, comme Opta ou OneVersusOne, le classent dans la moyenne haute de l’effectif des Spurs, même si certaines contre-performances collectives (notamment lors de derbys face à Arsenal ou Chelsea) ont entaché ses notes.

Kevin Danso n’est plus le boss de l’arrière-garde comme il était perçu à Lens, mais il n’est pas non plus un anonyme noyé dans la Premier League. Il s’est taillé une place dans un club du Big Six, a glané un trophée européen, dispute la Ligue des Champions et s’impose avec autorité en sélection. Un parcours sans tapage, mais avec constance.

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