Franck Haise à Nice : les doutes d’un entraîneur à bout de souffle

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La conférence de presse post-défaite contre Fribourg (1-3) jeudi soir en Ligue Europa a résonné comme un avertissement lancé à tout un vestiaire. Franck Haise, réputé pour sa gestion humaine et son discours mesuré, a cette fois laissé exploser sa colère. À force de tirer sur la corde, celle-ci pourrait bien se rompre.

Le coach niçois a livré un réquisitoire sans filtre contre l’attitude de certains de ses joueurs : individualisme, manque d’efforts, ego surdimensionnés, comportements de diva… tout y est passé. Une sortie rare, brutale, presque désespérée, qui témoigne du profond malaise qui règne autour d’un groupe qui semble avoir rompu avec les principes collectifs qui faisaient sa force ces dernières semaines. Franck Haise ne cache plus sa lassitude, ni sa frustration.
Et pourtant, tout semblait s’arranger côté azuréen. En Ligue 1, Nice retrouvait une certaine cohérence, enchaînant les résultats positifs. Mais en Europe, le naufrage se poursuit : six défaites consécutives, un collectif désuni et des recrues décevantes. L’ancien coach du RC Lens, qui avait pris goût à la Ligue des champions avec les Sang et Or, voit aujourd’hui sa cote européenne s’effriter. Depuis décembre 2023 et la victoire contre Séville, ses équipes n’ont plus gagné une seule rencontre continentale. Pire, il n’a pris que 4 points sur les 14 dernières rencontres européennes.

S’il continue de protéger certains éléments comme Vanhoutte, Carlos ou Diouf, d’autres ne trouvent plus grâce à ses yeux, les anciens Lensois notamment. Le cas Clauss, qui avait pourtant reçu le brassard, ou l’attitude de Boga et Diop semblent avoir laissé des traces. L’absence d’un capitaine fédérateur, les doutes autour de Salis Abdul Samed, Juma Bah ou la fragilité mentale d’un groupe instable renforcent l’idée que la greffe ne prend pas.

Haise, malgré tout, ne se dédouane pas. Il reconnaît être le premier responsable : « Si un jour, il y en a un meilleur que moi, ils le prendront, je n’ai pas de problème avec ça », a-t-il lâché, presque résigné. Derrière cette lucidité pointe aussi l’hypothèse d’un divorce en fin de saison. La rupture semble possible, si ce n’est inévitable, tant le lien entre le coach et sa direction paraît s’effriter. Le recrutement, qu’il juge raté, les choix imposés et les joueurs non souhaités renvoient à une absence de cohérence dans la politique sportive du club.

À Lens, Franck Haise incarnait une forme de stabilité. À Nice, il découvre les coulisses d’un club plus politique, moins aligné avec sa vision. Si le Gym ne se ressaisit pas rapidement, on peut s’interroger : cherchera-t-il une porte de sortie à l’issue de la saison ? Le technicien n’est pas homme à s’éterniser là où l’osmose n’existe plus. Si Rennes ne devait pas atteindre ses objectifs, Arnaud Pouille, s’il est encore en poste, lui ouvrira certainement la porte …

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