Alors que le peuple Sang et Or savourait encore l’ivresse d’un renversement de situation irrationnel à Prague (3-2), un homme a décidé de jouer les trouble-fêtes sur le plateau du Canal Football Club. Fidèle à sa réputation, Samir Nasri s’est fendu de commentaires lunaires, s’évertuant à dénigrer la performance artésienne avec une amertume qui interroge.
Un mépris assumé pour l’exploit lensois
Certes, le RC Lens a longtemps bégayé son football face au Slavia. Certes, les hommes de Dino Toppmöller ont peiné à imposer leur loi, même en supériorité numérique après l’expulsion de Konečný (49e). Mais refuser de saluer le supplément d’âme d’une équipe capable de planter deux banderilles dans le temps additionnel relève de l’aveuglement. Pour l’ancien Marseillais, l’indulgence des médias envers le Racing est insupportable : « Vous en parlez comme si ce que Lens a réalisé est un truc de fou. Moi je dis que si ça avait été d’autres clubs français qui font ce genre de performance, ils se seraient fait balayer. »
Poussant le bouchon de la victimisation un peu plus loin, il a osé la comparaison avec ses anciennes couleurs : « Si ça avait été Marseille ou Lyon qui fait un match comme ça, on les aurait découpés. Arrêtez, soyez honnêtes. »
Le besoin d’exister par la polémique ?
On peut légitimement se poser la question des motivations du consultant. A-t-il viscéralement besoin d’exister médiatiquement en balançant des punchlines à l’emporte-pièce ? La question se pose avec d’autant plus d’acuité que l’ancien international traverse une zone de turbulences en coulisses. Comme l’a révélé Le Parisien la semaine dernière, Nasri a passé une dizaine d’heures en garde à vue dans le cadre d’une vaste information judiciaire (stupéfiants et blanchiment), avant de ressortir sans poursuite immédiate. Allumer des contre-feux sur un plateau de télévision en s’attaquant au club le plus populaire de France ressemble à une stratégie de communication comme une autre pour faire parler de soi.
L’exception Mezian Mesloub
Dans ce naufrage analytique, l’ancien Gunner a tout de même eu un sursaut de lucidité. Impossible pour l’amoureux du ballon rond de ne pas saluer l’entrée fracassante de Mezian Mesloub. « Sur Mesloub, on peut s’enflammer. Il a quelque chose ce petit. À 16 ans, demander autant de ballons et prendre ses responsabilités… », a-t-il concédé, impressionné par les 32 ballons touchés par le prodige de La Gaillette. Dire le contraire aurait sans doute était la preuve ultime qu’il était moins compétent micro à la main qu’il ne l’était ballon au pied.
Une maigre consolation qui n’effacera pas le mépris affiché pour le reste du collectif. Qu’importe l’aigreur des plateaux parisiens : le RC Lens a fait le plein de points et donne déjà rendez-vous au Sporting Portugal le 13 octobre dans un Bollaert qui, lui, saura apprécier l’exploit à sa juste valeur.
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