Du RC Lens à l’OGC Nice, Franck Haise théorise le coaching vu d’en haut

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Janvier 2024, Bollaert-Delelis. Lors d’un match de Coupe de France entre le RC Lens et l’AS Monaco, Franck Haise, alors encore coach des Sang et Or, n’avait pas pu contenir sa colère. Furieux qu’un penalty ne soit pas sifflé après une faute manifeste sur Elye Wahi, il avait invectivé le quatrième arbitre, allant jusqu’à se faire expulser. La sanction tombe : trois matchs de suspension.

Contrainte ou opportunité déguisée ? Haise choisit de grimper en tribune pour continuer à suivre ses joueurs. Une expérience imposée qui s’est finalement révélée éclairante. Avec une vision d’ensemble plus claire, une lecture du jeu différente, presque stratégique, l’entraîneur découvre un nouveau poste d’observation. Et visiblement, l’idée a fait son chemin dans son esprit.

Désormais sur le banc de l’OGC Nice, Franck Haise est revenu sur cet épisode à l’occasion d’une conférence de presse, alors qu’on l’interrogeait sur le choix de Luis Enrique, blessé à l’épaule, de diriger le PSG depuis la tribune lors d’une mi-temps le week-end dernier face au RC Lens : une posture que le technicien comprend parfaitement. Voir un match depuis les hauteurs, confie-t-il, « n’a rien de comparable avec le bord de touche, l’analyse y est plus fine, plus calme, plus globale. »

Mais l’ancien coach lensois nuance aussi. Si la tribune offre une meilleure perception du jeu en première période, il reste convaincu que la deuxième mi-temps exige davantage de réactivité, de proximité, d’instinct, un retour au terrain nécessaire pour ajuster, corriger, motiver.

Plus encore, Franck Haise va plus loin et entrevoit une évolution structurelle du métier : selon lui, dans quelques années, les entraîneurs ne passeront plus 90 minutes sur le banc. Il imagine un futur où les premières mi-temps pourraient se vivre en hauteur, au calme, pour mieux analyser. Un changement culturel qui nécessiterait une période d’adaptation, y compris pour les joueurs. À Lens, raconte-t-il, il avait d’ailleurs abordé le sujet avec ses cadres. « Ce n’était pas évident pour eux, ils n’étaient pas habitués », reconnaît-il. Mais il reste convaincu que cette prise de distance peut être bénéfique, si elle est bien intégrée.

Alors que les mentalités commencent doucement à bouger, Franck Haise, fidèle à son habitude, semble déjà avoir un coup d’avance.

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