Il y a des trajectoires qui s’élèvent discrètement mais sûrement, et d’autres qui s’évaporent dans le tumulte des promesses non tenues. Cet été, deux anciens milieux du RC Lens ont pris la direction de l’Italie avec des ambitions claires : grandir, s’imposer, briller. Mais si Neil El Aynaoui commence à convaincre du côté de la Roma, Andy Diouf, lui, peine à exister sous le maillot de l’Inter.
Transféré à la Roma contre 23 millions d’euros, Neil El Aynaoui a connu une entame de saison poussive, à l’image de nombreux joueurs confrontés à l’exigence tactique du football transalpin. Sept matchs, 93 petites minutes, quelques bouts de rencontres pour s’adapter au système complexe mis en place par Gian Piero Gasperini. Il fallait du temps. Il a patienté. Et il a fini par convaincre.
Le déclic ? Une titularisation contre Sassuolo, suivie de prestations solides contre Parme, le Milan AC à San Siro et même les Rangers à Glasgow. Depuis, l’ancien Lensois ne quitte plus le onze de départ. Sa montée en puissance est spectaculaire. À 22 ans, il s’impose dans l’entrejeu romain avec une palette complète : volume de jeu, couverture, projections rapides et impact physique. Sa capacité à dicter le tempo dans les zones de vérité fait de lui un maillon de plus en plus essentiel dans l’équilibre du collectif giallorosso.
Un succès qui contraste cruellement avec le début d’aventure d’Andy Diouf à l’Inter Milan. Arrivé lui aussi dans la péninsule avec un transfert bien ficelé à 25 M€ et une ambition assumée, l’ancien prodige de Bâle n’a jamais réussi à percer la carapace milanaise. Son enthousiasme de départ « Je n’ai pas réfléchi, j’ai foncé », s’est heurté à la froide réalité du haut niveau italien. Deux apparitions pour un total de 26 minutes en Serie A. Trop peu, beaucoup trop peu pour un joueur annoncé comme un futur cadre et acheté à prix d’or.
Pendant que Diouf ronge son frein dans l’anonymat du banc, El Aynaoui trace sa route avec patience et application. Un parcours qui pourrait toutefois être temporairement interrompu : le milieu franco-marocain devrait répondre à l’appel du Maroc pour la Coupe d’Afrique des Nations, avec un premier match prévu le 21 décembre contre les Comores. Une absence potentielle jusqu’au 18 janvier, si les Lions de l’Atlas, logiques prétendants au titre, vont au bout de la compétition.
Pour la Roma, cela signifie une perte précieuse à un moment charnière de la saison. Mais pour El Aynaoui, c’est peut-être la confirmation de son changement de dimension. À défaut d’avoir fait grand bruit lors de son arrivée, il commence à laisser une empreinte. L’Italie découvre un joueur intelligent, constant et ambitieux. Et Lens peut observer avec une certaine fierté la réussite de l’un de ses ex-talents… pendant que d’autres, dans le même championnat, peinent encore à émerger.
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