Il y a des joueurs qui influencent un résultat, et d’autres qui semblent porter une équipe entière sur leurs épaules. Florian Thauvin appartient clairement à cette seconde catégorie au RC Lens, au point qu’on peut légitimement parler aujourd’hui d’une véritable dépendance artésienne à son numéro 10.
Un maître à jouer depuis son arrivée
Dès sa première saison en Artois, l’international français avait imposé son empreinte sur le collectif lensois, contribuant directement au sacre en Coupe de France, à la conquête du Trophée des champions et à la qualification européenne. Un bilan chiffré éloquent : 11 buts et 6 passes décisives en 33 matchs, dont trois réalisations rien qu’en Coupe de France, couronnées par une prestation majuscule en finale face à Nice, où il avait été impliqué sur les deux buts de son équipe.
Une dépendance qui ne cesse de grandir
Ce début de saison confirme, voire accentue, ce constat. En seulement quatre rencontres officielles, Thauvin totalise déjà cinq buts toutes compétitions confondues. Le lien de cause à effet devient presque mécanique : dès que le capitaine se montre discret devant le but ou dans la construction, l’ensemble de l’attaque lensoise peine à trouver la faille, comme observé lors du revers concédé face à Lorient.
Le patron mental d’un groupe encore en construction
Au-delà des statistiques, c’est aussi sa dimension de leader qui pèse dans la balance. Désigné capitaine, il incarne selon Dino Toppmöller le supplément de caractère dont ce groupe encore jeune a viscéralement besoin pour ne rien lâcher dans l’adversité, comme l’a illustré le scénario complètement fou vécu sur la pelouse du Slavia Prague en Ligue des champions.
Un rôle tactique repensé par Toppmöller
Sur le plan purement footballistique, sa position a également évolué depuis ses années de pur ailier. Sous les ordres de l’entraîneur allemand, Flotov agit désormais comme la véritable plaque tournante d’une animation offensive hybride. Dans le système habituel en 3-4-2-1, il démarre le plus souvent en meneur de jeu excentré à droite, un positionnement d’ailier inversé qui lui permet, en gaucher, de rentrer systématiquement vers l’axe pour déclencher ses frappes enroulées ou ses transversales.
Cette liberté de mouvement s’accompagne d’une vraie évolution dans son placement : il ne se contente plus d’attendre le ballon sur le côté, mais profite des appels de ses partenaires en pointe pour se projeter dans la surface comme un authentique second attaquant, avec une présence de plus en plus marquée au second poteau. Son but de la tête inscrit face au Slavia Prague illustre parfaitement cette science du placement digne d’un renard des surfaces.
Une variante tactique déjà expérimentée à Prague
Le match européen a d’ailleurs révélé une nouvelle option intéressante dans la gestion de son positionnement. Lors de l’entrée en jeu du jeune Mezian Mesloub, aligné sur le flanc droit, Toppmöller a repositionné Thauvin entre le couloir gauche et l’axe. Moins sollicité dans la construction du jeu, il s’est alors davantage concentré sur la finition, se plaçant à la réception des centres de ses partenaires.
Le Thauvin version lensoise n’est plus ce simple ailier débordant qu’on connaissait par le passé, mais un véritable meneur-buteur axial excentré, à qui le club confie aujourd’hui les clés de tout son tempo offensif.
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