RC Lens : Train à 34€, Bollaert plein à craquer… Les coulisses du plan monumental pour la finale.

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À 48 heures du coup d’envoi de la finale de la Coupe de France entre le RC Lens et l’OGC Nice, l’effervescence a atteint son paroxysme dans le Nord. Gérer la frustration des déçus, affréter des trains spéciaux, imaginer un Bollaert complet à distance… Les équipes artésiennes ont accompli un miracle logistique. Au micro de la radio Ici Nord, Benjamin Parrot, Directeur Général du Racing Club de Lens, a dévoilé avec passion les dessous de cette organisation hors norme.

L’équation impossible de la billetterie

Avec 29 000 abonnés à l’année et seulement 19 600 places initialement allouées par la FFF dans le virage lensois, le premier défi s’annonçait explosif. Le club a dû trancher, en instaurant un critère d’une justice implacable : l’assiduité :
« Quand vous avez 19 600 places et que vous avez 29 000 abonnés, déjà vous avez un problème, une équation qui paraît insoluble. Et le critère qui a compté (…) on a pris le critère d’assiduité. Donc ceux qui assistaient à 100% des matchs cette année ou qui faisaient profiter de leur abonnement étaient éligibles à un billet. Globalement, tous ceux qui ont assisté à plus de 50% des matchs (…) ont pu tous avoir une place parce qu’on a pu avoir des quotas additionnels. »
Malgré ces limites imposées par la Fédération, le DG promet un effet visuel saisissant à Saint-Denis : « Alors quand on dit emmener la vague sang et or, je dirais qu’on a emmené le creux de la vague parce qu’on aurait pu déferler littéralement sur toute l’Île-de-France. (…) L’effet visuel sera assez impressionnant au stade. »

Un TER aller-retour à 34€ : « Une mission de service public »

Pour transporter ce peuple Sang et Or, le club ne s’est pas comporté en simple spectateur. En collaborant étroitement avec la région Hauts-de-France, le RC Lens a réussi à multiplier par cinq l’offre ferroviaire à un tarif social historique.
« On se sent en responsabilité, parce que nous on est une entreprise, un acteur privé, mais on a aussi une mission, une responsabilité, on a une mission quasi de service public (…). On a eu des échanges extrêmement positifs, une écoute attentive, pour qu’on puisse mettre 5 trains de 1000 personnes, de base il devait y en avoir un, et tout ça à mettre en place à prix quasi… 34 euros l’aller-retour. C’est un prix qui défie toute concurrence, qui fait même que le trajet n’est pas une opération économique, mais qui opère bien dans une logique collective. »

Emmener tout un club, des féminines à Vladimir Smicer

Pour Benjamin Parrot, ce déplacement à Paris dépasse le cadre de l’équipe professionnelle de Pierre Sage. C’est l’institution complète, son histoire et ses racines, qui s’invitent au Stade de France. Les anciens joueurs, parfois venus de l’étranger, feront bloc avec la nouvelle génération.
« Ce n’est pas une équipe première qui est en finale, c’est le Racing Club de Lens dans son ensemble. Ça veut dire qu’on emmène tous les jeunes de la formation, on emmène tous les licenciés du club, les féminines, tout le monde, et on emmène même les anciens. Il y a deux bus d’anciens qui sont prévus. On sait qu’il y a même des anciens qui viennent de très loin. Je pense à Vladimir Smicer, lui, qui viendra directement à Paris. (…) En fait, on se sent aussi, dans ce club, on doit être héritier d’une histoire et on se doit d’emmener tout le monde. »

Le phénomène Bollaert : 38 200 places vendues en 1h30 !

Pour tous ceux qui n’ont pas pu obtenir le précieux sésame pour Saint-Denis, pas question de rester devant la télévision à la maison. Le club a organisé une retransmission géante directement dans l’antre des Sang et Or. Un succès fou, presque surréaliste :
« À Bollaert, on a commercialisé 38 200 places en 1h30. La retransmission en direct de Bollaert… Nous, ce qui nous a importé au début de nos réflexions, c’est d’emmener tout le monde, tout un club. »

« Le trophée du peuple »

Si cette compétition fait à ce point vibrer la direction et les supporters, c’est qu’elle porte en elle l’ADN profond du Racing. Le dirigeant lensois conclut sur une superbe note de nostalgie et de transmission, rappelant pourquoi la Coupe de France ne ressemble à aucune autre :
« La Coupe de France, pour moi, c’est le plus beau trophée en France. C’est le trophée qui ressemble le plus au Racing Club de Lens parce que c’est tout simplement le trophée du peuple. Tout le monde joue ce trophée. Ça part dans les districts, ça part dans le foot amateur. C’est la compétition où on a tous vu, même quand on était plus jeunes, dans des clubs, des personnes qui avaient un maillot TF1 à l’époque. Tous ces maillots qu’on voyait, qui étaient un marqueur déjà de parcours. (…) Et ça, en fait, c’est la compétition de tout un peuple. S’il y en a une qui ressemble bien au Racing Club de Lens, c’est celle-là. (…) Le mot de ce trophée, c’est peut-être la transmission, c’est ce qui nous colle le plus. »

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