Il arrive parfois qu’un simple bruit, un choc, fasse basculer tout un vestiaire dans le silence. Hier matin, la chute de Jonathan Gradit à l’entraînement a figé le RC Lens. Un contact, puis la douleur immédiate, insoutenable. Et autour de lui, des coéquipiers bouleversés, certains en larmes, comprenant instantanément qu’ils venaient de perdre bien plus qu’un défenseur : un frère de combat.
La suite a confirmé ce pressentiment. Le diagnostic, la fracture tibia-péroné, l’évacuation vers l’hôpital, puis l’opération. À 33 ans, Jonathan Gradit entame un nouveau marathon, celui de la rééducation, dont il connaît déjà les détours. Une épreuve immense, mais personne à Lens n’imagine un seul instant qu’il ne la relèvera pas.
« On pense très fort à lui et à sa famille. Jo, c’est quelqu’un de profondément lié au groupe, au staff. On sera à ses côtés. L’important, c’est qu’il soit soigné, entouré. » a déclaré Pierre Sage, pris par l’émotion.
L’entraîneur n’a pas caché l’impact psychologique sur ses joueurs. Gradit, présent au club depuis 2019, n’est pas seulement un cadre : il incarne l’esprit lensois, celui qui ne lâche jamais. Et si le vestiaire est touché, il veut transformer ce choc en force : « On va utiliser toute l’énergie qu’il met au quotidien pour lui rendre un bel hommage dès notre prochain match. »
Dimanche à Angers, Lens jouera avec le cœur serré. Pas seulement pour les points, mais pour honorer celui qui, depuis six ans, a cimenté la défense et soudé le groupe. Sur le terrain, il faudra réinventer l’axe droit : Ismaëlo Ganiou apparaît comme le candidat idéal pour le remplacer. Mais remplacer Gradit ne sera pas possible. Le combler, peut‑être. L’assumer, sûrement.
De sa chambre d’hôpital, Jonathan Gradit restera dimanche le premier supporter du RC Lens. Et sur la pelouse d’Angers, ses coéquipiers joueront pour lui, avec cette solidarité qui fait la force des Sang et Or depuis leur renaissance. Dimanche, Lens n’entrera pas sur le terrain à onze : il entrera à douze.
Quand Jo Gradit faisait s’envoler Neymar

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