Il y a des entraîneurs qui marquent par leurs résultats, d’autres par leur charisme. Frédéric Antonetti, lui, coche souvent les deux cases. Et s’il est aujourd’hui sans club, l’ancien coach de Bastia, Rennes, Nice ou Lille reste une voix qui porte dans le football français.
Lors de son passage à Metz entre 2018 et 2022, il a côtoyé un certain Matthieu Udol. Un joueur à la trajectoire cabossée, mais à la résilience exemplaire.
Victime de quatre ruptures des ligaments croisés du genou droit, Udol aurait pu raccrocher les crampons bien avant ses 30 ans. Antonetti, lui, n’a jamais douté. « Il est déjà revenu trois fois, il reviendra une quatrième fois », avait-il déclaré avec son franc-parler habituel. Une conviction aujourd’hui récompensée.
Mais c’est une autre déclaration, plus prophétique encore, qui revient en pleine lumière alors que le RC Lens s’accroche au podium de la Ligue 1 : « Soit tu feras toute ta carrière ici en tant que capitaine historique, soit tu joueras la Ligue des champions dans un autre club. » lui avait dit le Corse en 2022 dans une déclaration reprise par l’Equipe ce matin. C’était en 2020, à Metz. Quatre ans plus tard, Udol n’est plus capitaine à Saint-Symphorien, mais piston à Bollaert. Et il est en train de cocher la seconde option.
Transféré cet été au RC Lens pour 3,5 M€, après avoir dû mettre la pression à ses dirigeants messins pour qu’ils respectent leur parole, le natif de Metz s’est rapidement imposé dans l’effectif de Pierre Sage. Déjà auteur de deux passes décisives, son activité et son leadership sur le flanc gauche ont fait de lui un rouage essentiel.
Et les résultats collectifs suivent. Dans les basques du PSG après 13 journées, le RC Lens semble armé pour aller jusqu’au bout. À tel point qu’Opta, via ses projections par intelligence artificielle, donne après cette dernière journée 61 % de chances aux Sang et Or de terminer sur le podium, 77 % si l’on élargit à la quatrième place.
Alors, IA ou intuition d’un vieux briscard du métier : qui aura eu le nez le plus creux ? Une chose est sûre : Matthieu Udol n’a jamais été aussi près du grand frisson européen. Et Frédéric Antonetti, encore une fois, pourrait bien avoir eu raison avant tout le monde.
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