Molina lâche une bombe sur les coulisses du limogeage de Toppmöller à Lens

Le départ de Dino Toppmöller, après seulement quelques mois à la tête du RC Lens, ne pouvait évidemment pas se résumer à un simple bilan comptable. Une victoire contre le PSG pour débuter la saison, cinq points pris lors des quatre premières journées de Ligue 1, un succès complètement fou à Prague en Ligue des Champions puis un nul décevant au Mans : les résultats n’étaient pas à la hauteur des ambitions, mais ils ne racontent probablement pas toute l’histoire.

La décision de se séparer du technicien allemand intervient surtout au terme d’une séquence particulièrement courte. Nommé en juin pour succéder à Pierre Sage, Toppmöller avait été présenté comme l’homme correspondant au projet lensois. Jean-Louis Leca expliquait alors que le club avait été convaincu par « la cohérence entre sa vision globale et le projet du club ». Le Racing lui avait accordé un contrat courant jusqu’en 2028.
Quelques semaines plus tard, la collaboration est déjà terminée.

Molina met directement Jean-Louis Leca dans l’équation

Dans ce contexte, la prise de parole de Romain Molina mérite forcément d’être regardée de près. Le journaliste indépendant, habitué à intervenir sur les coulisses du football, affirme disposer d’informations différentes du simple récit sportif entourant le départ de Toppmöller.
Sur X, Molina s’en prend directement au fonctionnement du Racing et pose une question particulièrement lourde : « Il n’y a que Joseph Oughourlian qui ne comprend pas ce que fait Jean-Louis Leca dans son club ? »
Le journaliste avance ensuite une lecture beaucoup plus politique de la situation. Selon lui, Pierre Sage aurait anticipé certaines tensions et aurait décidé de quitter Lens en partie parce qu’il avait perçu des difficultés à venir, notamment autour de la composition de son staff.
Cette version reste évidemment celle de Molina et ne constitue pas, à ce stade, une vérité établie. Mais elle prend une autre dimension lorsqu’on se rappelle que le départ de Sage avait déjà été accompagné de tensions avec la direction. L’Équipe avait notamment rapporté que Jean-Louis Leca avait très mal vécu la manière dont le technicien avait préparé son départ vers Crystal Palace.

Un staff devenu un véritable enjeu

L’un des points les plus sensibles dans les révélations de Molina concerne justement l’entourage de l’entraîneur.
À son arrivée, Toppmöller avait obtenu l’intégration de Nelson Morgado et Ervin Skela, deux hommes avec lesquels il avait déjà travaillé, tandis que Yannick Cahuzac faisait son retour au Racing. Le club avait officiellement présenté cette organisation comme le fruit d’une construction commune entre le nouvel entraîneur et la direction.
Molina affirme pourtant que des tensions auraient rapidement émergé autour de cette organisation. Il estime même que Jean-Louis Leca aurait cherché à accélérer le départ du technicien allemand, avec, en arrière-plan, la possibilité de voir Yannick Cahuzac prendre les commandes.
« Influencer pour se séparer au plus vite du nouveau coach sachant que l’intérim sera réalisé par son ami Cahuzac », écrit-il.
Une accusation particulièrement sérieuse. Et là encore, il convient de la présenter pour ce qu’elle est : une affirmation de Romain Molina, et non une information confirmée indépendamment.

Le cas Cahuzac interpelle forcément

Le nom de Yannick Cahuzac n’arrive toutefois pas de nulle part. L’ancien capitaine lensois avait été intégré au staff de Toppmöller dès cet été. Le Racing expliquait alors que sa connaissance du club devait apporter de la continuité au nouvel entraîneur et à ses deux adjoints venus d’Allemagne.
L’idée d’un Cahuzac appelé à jouer un rôle plus important n’est donc pas totalement nouvelle dans l’environnement lensois. Des discussions sur son avenir à moyen terme avaient déjà circulé avant même l’arrivée de Toppmöller, sans pour autant constituer une preuve d’un quelconque scénario écrit à l’avance.
C’est précisément là que la déclaration du journaliste prend son relief.
« C’était “cousu de fil blanc” », affirme-t-il à propos de la situation interne au Racing.

Difficile de savoir aujourd’hui jusqu’où va réellement cette éventuelle fracture entre les différents membres de la direction et du staff. Mais le calendrier interroge : Toppmöller est choisi par Lens en juin, officiellement présenté comme parfaitement compatible avec le projet, avant d’être remercié seulement moins de trois mois plus tard.

Une rupture difficile à expliquer uniquement par les résultats

Sportivement, le bilan n’était certes pas satisfaisant. Après une victoire contre le PSG et un carton face à Auxerre, Lens avait enchaîné deux défaites en Ligue 1 contre Strasbourg et Lorient. En Ligue des Champions, le Racing avait toutefois réussi un incroyable retournement de situation à Prague, avant de concéder un nul au Mans.
Le contexte était donc loin d’être catastrophique au point de rendre le départ du technicien totalement évident. Une partie des critiques portait davantage sur le contenu des rencontres et sur les difficultés de l’équipe à assimiler les principes du nouvel entraîneur. L’Équipe relevait déjà, avant le déplacement à Prague, les « signaux préoccupants » dans le jeu et l’attitude.

Mais après seulement quatre journées de championnat et quelques mois de travail, la brutalité de la décision laisse forcément penser que d’autres paramètres ont pu entrer en ligne de compte.
Et c’est précisément ce que suggère Molina.

Oughourlian face à une question de gouvernance

Le journaliste va encore plus loin en mettant directement Joseph Oughourlian face à ses responsabilités. Selon lui, le président lensois fermerait les yeux sur certaines pratiques tant que les résultats suivent.
Une formule particulièrement sévère, mais qui renvoie à une vraie question de gouvernance : jusqu’où le propriétaire et président du Racing laisse-t-il son directeur sportif structurer le fonctionnement sportif du club ?
Sur le papier, Jean-Louis Leca est pourtant bien le directeur sportif qui a choisi Toppmöller avec la direction. Lors de la présentation du technicien allemand, il assurait même que son profil correspondait exactement à ce que recherchait Lens : expérience européenne, connaissance de la Ligue des Champions, défense à trois et capacité à faire progresser les jeunes.
Trois mois plus tard, ce projet est déjà abandonné.

Une vérité parmi d’autres ?

Il serait évidemment trop facile de prendre la sortie de Romain Molina et d’en faire l’explication définitive du limogeage du coach. Rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que le technicien allemand a été écarté parce qu’une partie de la direction souhaitait installer Yannick Cahuzac, ni que Jean-Louis Leca aurait manœuvré dans ce but. Mais il serait tout aussi réducteur d’écarter totalement cette intervention.
Molina affirme connaître les coulisses du dossier et assure que plusieurs éléments qu’il évoque sont connus dans le milieu. Son récit apporte surtout une hypothèse différente : celle d’un conflit interne qui aurait dépassé les simples questions de résultats et de système de jeu.
Le Racing devra désormais expliquer, directement ou indirectement, pourquoi un entraîneur présenté en juin comme parfaitement adapté au projet n’a finalement pas dépassé le début du mois de septembre. Car une chose est certaine : on ne change pas d’entraîneur aussi rapidement sans qu’il y ait davantage qu’un simple problème de résultats.
Reste maintenant à savoir ce qui s’est réellement passé entre Dino Toppmöller et la direction du RC Lens. Et, surtout, si la version de Romain Molina n’est qu’une lecture parmi d’autres… ou si elle constitue une partie de la vérité que le Racing ne souhaite pas encore raconter.

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