Vingt-et-une années de vie commune balayées en un été. Remercié par le RC Lens à l’issue de la saison dernière, Yohan Démont découvre aujourd’hui le vide de l’inactivité. L’ancien latéral droit, devenu éducateur respecté à La Gaillette, encaisse les coups du sort avec une force de caractère qui force l’admiration, dans l’attente de retrouver un banc de touche.
Une rupture brutale et un timing fatal
Si son mandat à la tête des U19 restera marqué par un beau parcours en Youth League, son éviction semble intimement liée à la lourde suspension de neuf mois infligée par la FFF l’hiver dernier, suite à un accrochage verbal avec un arbitre en Coupe Gambardella. Une fin de cycle douloureuse pour le technicien de 48 ans. Dans les colonnes de La Voix du Nord, le Valenciennois avoue avec franchise être « tombé de très haut ». Le couperet est tombé à une période charnière, ruinant ses chances de rebond immédiat : comme il le rappelle avec fatalisme au quotidien, à l’aube de l’été, « tous les clubs professionnels ont déjà acté les noms des éducateurs qui s’occuperont de leur formation ».
Le manque viscéral du rectangle vert
Privé de l’adrénaline de la compétition, l’ancien Lensois ronge son frein. Désormais simple spectateur, il arpente les mains courantes de la région, de la Nationale 2 à Vimy jusqu’aux terrains de La Gaillette pour y observer son fils Ange en U19. Une maigre consolation pour ce passionné qui confie que si les week-ends sont animés par les rencontres, « la semaine, c’est parfois beaucoup plus long à vivre ». Son ambition reste intacte : mettre sa décennie d’expérience au service de la formation d’un club professionnel.
Une leçon de courage face aux drames
Mais l’inactivité sportive pèse peu face aux tragédies intimes. Père de trois enfants, Yohan Démont a eu l’immense douleur de perdre son épouse en août 2024. Frappé par cette accumulation d’épreuves, il refuse pourtant de s’apitoyer. Toujours auprès de La Voix du Nord, il livre un témoignage d’une grande dignité : « Cela fait beaucoup en peu de temps, c’est vrai. Il faut garder le moral, on n’a pas le choix. » Puisant dans ses racines, il rappelle avoir toujours avancé « avec beaucoup de caractère ». Prêt à tout pour faire vivre sa famille en attendant qu’un club lui tende la main, il conclut avec une humilité désarmante : « S’il faut que je travaille en carrosserie, loin du foot, pour gagner ma vie, je le ferai sans souci. »
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