Il y a encore un an, Joseph Oughourlian était régulièrement critiqué pour sa gestion jugée trop prudente du RC Lens. Les ventes successives de plusieurs cadres, la réduction de la masse salariale et les discours parfois alarmistes du président lensois avaient alimenté de nombreux débats chez les supporters.
L’OM et Monaco sous la surveillance de la DNCG
Douze mois plus tard, le paysage du football français semble pourtant lui donner raison. Alors que le RC Lens a franchi sans difficulté son passage devant la DNCG, plusieurs clubs aux moyens bien supérieurs se retrouvent désormais sous surveillance du gendarme financier du football français.
Les derniers exemples en date concernent l’Olympique de Marseille et l’AS Monaco, deux places fortes de la Ligue 1 rarement habituées à devoir justifier leurs comptes devant l’instance de contrôle.
À Marseille, la DNCG cherche davantage de garanties sur la trajectoire économique du club. Le nouveau directeur sportif, Gregory Lorenzi, a hérité d’un effectif particulièrement chargé après de nombreux retours de prêts. Plusieurs départs sont activement recherchés afin d’alléger les charges du club et de dégager de nouvelles ressources.
Même certains joueurs majeurs ne semblent plus intouchables. Facundo Medina, dont le transfert définitif doit être finalisé dans les prochains jours, pourrait ainsi faire l’objet d’une vente. Nayef Aguerd figure également parmi les joueurs susceptibles de quitter le club cet été.
Du côté de Monaco, la situation n’est guère plus confortable. Le club de la Principauté a vu sa masse salariale être encadrée par la DNCG. Une mesure qui s’inscrit dans un contexte financier compliqué, marqué par la baisse continue des revenus audiovisuels et surtout par l’absence de qualification pour la prochaine Ligue des champions.
Selon plusieurs estimations, le manque à gagner pourrait atteindre plusieurs dizaines de millions d’euros. Pour rééquilibrer ses comptes, l’ASM devra elle aussi passer par la case ventes.
Le nouveau modèle du football français
Ces situations ne sont pas isolées. Elles illustrent une tendance lourde qui touche aujourd’hui une grande partie du football français.
Pendant des années, de nombreux clubs ont accepté de vivre avec des déficits récurrents, en s’appuyant sur les revenus futurs des droits télévisés ou sur les injections d’argent de leurs actionnaires. Mais l’effondrement du marché audiovisuel a profondément changé les règles du jeu.
Lorsqu’un club enchaîne les pertes, celles-ci viennent progressivement éroder ses capitaux propres, autrement dit la réserve financière censée garantir sa solidité. Lorsque cette réserve devient insuffisante, la DNCG intervient et impose des mesures correctrices.
La conséquence est désormais connue : vendre n’est plus un choix stratégique, mais une nécessité économique.
Joseph Oughourlian avait vu venir l’orage
C’est précisément ce scénario que Joseph Oughourlian semblait anticiper depuis plusieurs saisons. Conscient de la fragilité du modèle économique du football français, le président-propriétaire du RC Lens a choisi d’agir avant que la tempête n’arrive. Réduction de la masse salariale, maîtrise des dépenses, valorisation des actifs sportifs et ventes importantes ont constitué les piliers de sa stratégie.
Cette politique a parfois été difficile à entendre pour une partie du public lensois, notamment après les départs de plusieurs joueurs majeurs. Pourtant, au moment où certains concurrents cherchent en urgence des dizaines de millions d’euros pour équilibrer leurs comptes, les Sang et Or abordent l’été dans une position bien plus confortable.
Cela ne signifie pas que le Racing dispose de moyens illimités. Mais le club possède aujourd’hui une stabilité financière que beaucoup lui envient.
Dans un football français de plus en plus contraint par les réalités économiques, Lens apparaît finalement comme l’un des rares clubs à avoir accepté la cure d’austérité avant que celle-ci ne devienne incontournable pour tout le monde.
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