« Je commets aussi des erreurs » : Pierre Sage, l’anti-star qui bouscule les codes du foot

Partagez sur vos réseaux

À quelques jours de la remise des Trophées UNFP, le nom de Pierre Sage est sur toutes les lèvres. Artisan majeur du retour fracassant du RC Lens sur le podium de la Ligue 1, le technicien artésien est logiquement en lice pour le titre de meilleur entraîneur de la saison. Mais là où beaucoup de ses confrères profiteraient de la lumière, l’ancien coach de l’OL préfère s’effacer derrière son groupe.

Le collectif avant les statistiques

Interrogé en conférence de presse sur son statut de favori, Pierre Sage a immédiatement tenu à recadrer le débat. Pour lui, les prix individuels ne sont rien d’autre que « l’expression d’un travail collectif ». Très à l’aise avec les chiffres, il n’a pas hésité à balayer une statistique flatteuse le plaçant comme le troisième entraîneur le plus efficace d’Europe avec 71 % de victoires.
« Je rassure tout le monde, je ne joue pas les matches. C’est bien l’équipe qui est la troisième d’Europe au final et du coup, ce n’est pas le coach », a-t-il lancé avec une franchise désarmante. Une manière de rappeler que, selon lui, valoriser un seul homme dans un sport de partage « limite l’importance qu’on donne à l’unité ».

Un regard lucide sur ses propres failles

Loin de l’image de l’entraîneur infaillible, Pierre Sage cultive une honnêteté rare. Il n’a d’ailleurs pas hésité à citer ses propres échecs, comme lors du nul frustrant à Brest (3-3), pour tempérer l’enthousiasme autour de son génie tactique : « Effectivement, je prends de temps en temps de bonnes décisions, mais je commets aussi des erreurs ».
Pour lui, le mérite revient exclusivement aux acteurs de la pelouse. Avec une humilité touchante, il rappelle que sa main sur le destin des matchs reste limitée : « Comme ce n’est pas moi qui ai poussé Saint-Maximin à mettre le but contre Brest, ce n’est pas moi qui ai choisi qu’Ismaëlo Ganiou marque de la tête contre Toulouse ».

En refusant de s’approprier les coups d’éclat de ses joueurs, Pierre Sage prouve une fois de plus que le succès du RC Lens cette saison repose sur une philosophie globale où l’individu n’est rien sans le groupe. Un discours qui, ironiquement, le rend encore plus légitime pour soulever le trophée lundi soir.

Nos derniers articles :