Il y a des silhouettes qui ne quittent jamais vraiment Bollaert. Même quand elles ne sont plus aux commandes, elles continuent de hanter les couloirs, d’inspirer les décisions, d’incarner une mémoire collective. Gervais Martel fait partie de celles-là.
Officiellement, l’ancien président n’a plus de fonction exécutive au RC Lens. Officieusement, il est toujours là. Benjamin Parrot le racontait au micro de l’After RMC : « Toutes les semaines, il y a Gervais Martel dans mon bureau. Toutes les semaines, on échange. » Une présence régulière, presque naturelle, mais jamais envahissante. Le directeur général insiste sur « l’humilité » de celui « qui a façonné le Racing » et qui pourrait, s’il le voulait, se comporter en propriétaire des lieux. « Il arrive et on discute », résume-t-il, comme un conseiller bienveillant plutôt qu’un ancien patron nostalgique.
Dans un centre d’entraînement qui porte désormais son nom, la tentation de peser est grande. Martel, lui, préfère transmettre. Parrot parle d’« expérience à laquelle on donne beaucoup de crédit ». Le respect est réciproque. Le passé ne dicte pas le présent, il l’accompagne.
Et le présent, justement, est brûlant. La course au titre en Ligue 1 s’est invitée dans les conversations. Il y a encore deux mois, Gervais Martel osait déjà l’impensable : « Je disais que c’était possible d’être champion. » À l’époque, on parlait d’optimisme. Aujourd’hui, le mot a changé de camp. « Quand on voit l’irrégularité du PSG et qu’on les reçoit le 12 avril… » glisse-t-il ce matin dans l’Equipe, laissant planer l’idée d’un rendez-vous qui pourrait peser très lourd.
L’ancien président observe surtout une équipe qui lui donne des certitudes. « À chaque match, je vois un rouleau compresseur. » Les absences en défense ? « Ça ne s’est pas vu. » L’impression d’ensemble ? « Cette équipe est homogène. » L’ancien président lensois, pourtant rompu aux emballements trop rapides, se dit « vachement confiant », tout en rappelant qu’« avec le PSG, il faut toujours rester prudent ». Le pragmatisme du vieux briscard n’a pas disparu.
Son regard se pose aussi sur le banc. Pierre Sage, l’homme de la saison, lui évoque un autre technicien mythique. « Pierre Sage me rappelle Daniel Leclercq », lâche-t-il, convoquant explicitement le souvenir du Sorcier de 1998. Même retenue apparente, même capacité à parler juste. « Il est mesuré mais, s’il a un truc à dire, il ne se cache pas. » Dans la bouche de Martel, la comparaison vaut adoubement.
Le titre ? Il refuse de fanfaronner, mais fixe la barre : « Déjà, être dans les trois premiers, c’est le minimum. » Une phrase qui en dit long. À Lens, on ne promet rien. On avance, avec sérieux, avec ambition. Et dans l’ombre des dirigeants actuels, une légende observe, conseille et, peut-être, recommence à rêver.
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