Ce vendredi soir au Stade de France, avant même le coup d’envoi, Robin Risser ira toucher ses poteaux. Une habitude héritée du gardien de son village alsacien, « plus qu’une vraie superstition », confie-t-il — mais aussi, peut-être, une façon de se pincer, de vérifier que tout ce qui lui arrive ces dernières semaines est bien réel.
Il y a de quoi se frotter les yeux. À 21 ans, sans jamais avoir joué une seule minute en Ligue 1 avant cette saison, Robin Risser a tout simplement éclaboussé l’élite de son talent. Élu meilleur gardien du championnat par ses pairs lors des trophées UNFP, convoqué pour la première fois en équipe de France pour la Coupe du monde dès le jeudi suivant, une semaine à marquer d’une pierre blanche dans n’importe quelle carrière.
Trop exigeant pour savourer
Sauf que Risser, lui, n’est pas vraiment du genre à se laisser griser. Il l’avoue avec une franchise désarmante dans son interview accordée à L’Équipe : « Je le dis souvent à ma femme, c’est allé tellement vite et j’ai une exigence tellement élevée que je n’arrive pas vraiment à en profiter. » Une confession qui dit tout sur la construction mentale du personnage. « Mon exigence me bouffe un peu par moments. Je banalise un peu trop les choses. Je suis tellement perfectionniste, j’ai tellement envie d’aller encore plus loin, de m’en demander plus, que ça devient parfois un problème. »
Ce perfectionnisme a ses vertus, il est sans doute pour beaucoup dans l’ascension fulgurante du gardien alsacien. Mais il a aussi son revers, que le jeune gardien assume pleinement. Pour lui, ni le trophée UNFP, ni la convocation en Bleus ne suffisent à qualifier une saison de réussie si la finale de ce vendredi se solde par une défaite. Sa logique est implacable : « Si on ne gagne pas la finale, ce ne sera pas une saison totalement réussie à mes yeux. On doit se récompenser avec un trophée, sinon tout ce qu’on aura fait sera oublié dans cinq ans. » On cherchera difficilement à le contredire.
Une seule priorité : ce vendredi soir
Risser fait preuve d’une lucidité remarquable sur les priorités. La sélection avec les Bleus ? Une immense fierté, mais pas le sujet du moment. « J’ai conscience que l’échéance la plus importante de la saison, c’est ce vendredi soir. Je suis vraiment focalisé sur ça », tranche-t-il sans ambiguïté.
Une concentration qui ne surprend pas ceux qui le côtoient au quotidien. Pierre Sage avait déjà décrit publiquement un joueur qui absorbe tout ce qu’on lui donne, capable de mettre de côté les parasites extérieurs pour ne garder que l’essentiel. Ce vendredi, l’essentiel, c’est Nice, le Stade de France, et une Coupe à soulever.
L’avenir à Lens : il veut rester, mais…
Reste la question que tous les supporters lensois se posent : Robin Risser sera-t-il encore Sang et Or la saison prochaine, lui dont la valeur marchande a explosé en quelques mois ? Sa réponse est honnête, et laisse une petite marge de suspense : « Dans ma tête, c’est ce que je veux. Je l’espère. Il y aura des discussions avec le club, mais on est tous alignés sur cette volonté de continuer l’aventure ensemble. C’est le bon endroit pour confirmer. »
Le message est clair dans l’intention, moins dans la certitude. Les grandes écuries européennes surveillent de près un gardien de 21 ans élu meilleur de sa ligue et sélectionné pour un Mondial. Difficile d’imaginer que le téléphone reste silencieux cet été…
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