Centre de Matthieu Udol, tête de… ?

Partagez sur vos réseaux

La blague court depuis un soir de décembre. Nice venait de prendre un bouillon sur le côté gauche, et le commentateur du Gym, totalement résigné, répétait en boucle :  » Centre de Matthieu Udol, tête d’Odsonne Édouard… centre de Matthieu Udol, tête d’Odsonne Édouard… « 

Depuis, on pourrait lancer un bingo : Saïd, Édouard, Sima, Aguilar… À chaque match du RC Lens, quelqu’un finit par profiter des offrandes du latéral gauche le plus chirurgical du moment.
Avec déjà 8 passes décisives, Matthieu Udol s’est imposé comme l’un des meilleurs pourvoyeurs de ballons de Ligue 1. Une précision presque insolente, qui n’a rien d’un hasard. Dans son entretien accordé à L’Équipe, l’ancien messin décortique son art du centre… et on comprend d’un coup pourquoi tant de défenseurs semblent marcher au supplice dès qu’il arme son pied gauche.

Mais si Udol aligne déjà huit passes décisives en Ligue 1, ce n’est pas par hasard. Dans son entretien accordé au quotidien sportif, le piston détaille un travail presque scientifique sur le centre, loin de l’improvisation qu’on associe parfois au poste.
 » Je l’ai énormément travaillée, aux différentes zones du terrain « , affirme-t-il. C’est la clé : comprendre ce qui fait souffrir un défenseur… pour mieux appuyer là où ça fait mal.
Udol l’explique parfaitement :  » En tant que défenseur, je visualise bien ce qui est compliqué à défendre et je m’applique à mettre les ballons là où ça fait mal. « 
Voilà pourquoi ses centres semblent toujours tomber à l’endroit exact où un défenseur n’a plus le temps de réfléchir, où un gardien n’a plus l’espace d’intervenir, où un attaquant n’a plus qu’à conclure.
Le piston gauche détaille même sa palette, selon la zone :
– Proche de la ligne, priorité au centre piqué au deuxième poteau :
 » Le gardien ne peut pas intervenir, comme contre Troyes. « 
C’est propre, vicieux, et redoutablement efficace.
– Face à une défense en place, Udol provoque intelligemment l’appel au premier poteau pour mieux ouvrir la passe en retrait :
 » L’appel d’un attaquant au premier poteau me libère la passe en retrait. « 
– À mi-distance, il vise systématiquement le dos de la défense :
 » Quand je suis plus loin, je vise en priorité le dos de la défense, la zone la plus dangereuse. « 

Ce n’est pas seulement un pied gauche calibré. C’est une mécanique collective. Udol le dit lui-même :  » C’est surtout de la coordination avec les attaquants. Selon où je me situe, ils savent quelle course faire. »
Voilà pourquoi Saïd surgit au premier poteau, pourquoi Édouard attaque si bien la zone, pourquoi Aguilar déboule comme un piston secondaire. Lens a transformé les centres d’Udol en arme stratégique.

Ce samedi, face au Stade Rennais, dont l’arrière-garde flotte comme un radeau dans la tempête, la question revient naturellement :
qui sera la prochaine victime consentante d’un « centre de Matthieu Udol, tête de… » ?

À Lens, on savoure. À Rennes, on espère surtout ne pas finir la phrase…

Nos derniers articles :