Changement de modèle au RC Lens : Les oreilles d’Arnaud Pouille vont encore siffler

Il y a des erreurs qui laissent des traces durables dans la gestion d’un club. La première campagne de Ligue des champions du Racing, disputée en 2023-2024 après vingt et un ans d’attente, en fait clairement partie. Le club avait alors perdu tout sens de la mesure : une vague de prolongations généreuses (Amadou Haïdara, Florian Sotoca, Wesley Saïd, David Pereira da Costa, Facundo Medina, Jonathan Gradit, Kevin Danso) couplée à des recrutements estivaux hors de prix, à l’image d’Andy Diouf (14 millions d’euros) et surtout d’Elye Wahi (30 millions).
Une dérive financière que le président Joseph Oughourlian avait publiquement fini par imputer à la gestion du directeur général de l’époque, Arnaud Pouille, finalement poussé vers la sortie en fin d’exercice.

Une cure d’austérité qui a laissé peu de rescapés

Les conséquences de cette envolée ont été lourdes : contraint de vendre, lors de la transition Dréossi, une partie de ses meilleurs éléments pour rééquilibrer ses comptes, le club ne compte plus aujourd’hui que trois survivants de cette génération européenne, Ruben Aguilar, Jonathan Gradit et Florian Sotoca. Un signal fort de la purge opérée depuis.

Une nouvelle doctrine assumée par Benjamin Parrot

Toute la politique salariale a depuis été repensée depuis la nomination de Benjamin Parrot au poste de directeur général au printemps 2025, avec pour mission explicite de ne plus jamais revivre un tel dérapage, même en cas de retour sur la scène européenne. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon L’Équipe, la masse salariale joueurs, hors charges, s’élevait à environ 28 millions d’euros la saison dernière. Elle n’a été relevée qu’à environ 33 millions cette année, malgré la vente record de Mamadou Sangaré à 48 millions d’euros hors bonus, et la recrue estivale la plus chère, Yacine Titraoui, n’aura coûté que 8 millions. Benjamin Parrot ne cache d’ailleurs pas l’objectif à moyen terme : « le but, c’est que notre masse salariale redescende autour de 28 millions d’euros si on n’est plus européens l’an prochain. »

Des contrats calibrés selon les circonstances

Cette rigueur se retrouve jusque dans le détail des contrats signés cet été. En dehors de Franjo Ivanovic et Jean-Clair Todibo, arrivés en prêt sans option d’achat sur des accords d’une saison, l’ensemble des autres recrues touche un salaire calé sur les standards de Ligue 1, dans le respect du plafond salarial fixé en interne, estimé entre 60 000 et 90 000 euros mensuels. Leur part variable liée à la Ligue des champions ne se déclenchera que si le club retrouve la compétition lors d’un prochain exercice. Benjamin Parrot justifie cette prudence par une volonté de ne pas alourdir durablement les charges du club au gré des aléas sportifs : « nous ne voulions pas faire peser des charges durables au club en réponse à une conjoncture sportive. »

Les artisans du sacre déjà récompensés

Les joueurs ayant directement contribué au retour du club en Ligue des champions la saison passée n’ont toutefois pas été oubliés, ayant déjà perçu des primes de qualification substantielles, réparties selon une grille négociée avec les cadres du vestiaire. Ces mêmes tauliers ont également obtenu des primes de performance indexées sur le nombre de points engrangés et le parcours réalisé en Coupe d’Europe. Un cadre budgétaire strict, donc, mais qui se veut suffisamment souple pour ne pas brider les ambitions sportives du club.

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