Le transfert de Michaël Cuisance au RC Lens l’été dernier portait la signature exclusive de Dino Toppmöller. Acheté 3,5 millions d’euros au Hertha Berlin, le milieu de terrain n’avait pas caché que la présence du technicien allemand, côtoyé au Bayern Munich en 2021, avait été le moteur de sa décision.
L’histoire a pourtant pris une tournure hautement ironique. Limogé le mois dernier après six rencontres laborieuses, Toppmöller n’aura jamais réussi à exploiter le potentiel de son protégé. C’est finalement sous les ordres de Yannick Cahuzac que le natif de Strasbourg vient de lancer sa saison.
La libération par le double pivot asymétrique
Durant deux mois, le milieu de terrain a balbutié son football. Constamment coincé dans un entre-deux tactique, hésitant entre la couverture défensive et la projection vers l’avant, Michaël Cuisance n’avait aucune influence sur le jeu artésien. Yannick Cahuzac a immédiatement tranché le nœud gordien en clarifiant sa partition.
S’inspirant ouvertement des préceptes de l’ère Franck Haise, le nouveau coach a réinstauré un double pivot étagé. En plaçant une véritable sentinelle pour accomplir le travail de l’ombre à ses côtés (Amadou Haïdara à Monaco, puis Yassine Titraoui face à Lyon), Cahu a totalement libéré sa recrue des tâches défensives ingrates. Débarrassé de ce poids, Cuisance a retrouvé son rôle préférentiel : percuter, casser des lignes par la passe et fluidifier la transition vers le secteur offensif au cœur d’un bloc redevenu ultra-compact.
Un match référence face à l’OL, mais aucune garantie
Cette clarification tactique a sauté aux yeux ce week-end lors de la victoire face à l’Olympique Lyonnais (2-1). L’ancien Bavarois a rendu une copie d’une propreté redoutable, rayonnant aussi bien à la création qu’à la récupération. Ses fulgurances balle au pied et sa complicité technique naissante avec Florian Thauvin ont causé d’immenses dégâts dans l’organisation rhodanienne.
Ce match référence lance véritablement son aventure Sang et Or, mais il ne lui offre aucune immunité. Le secteur de l’entrejeu lensois est aujourd’hui armé de quatre profils de très haut niveau, et Yannick Cahuzac a déjà prévenu qu’il utiliserait cette concurrence acharnée pour maintenir tout le monde sous pression. Pour conserver les clés du jeu, Michaël Cuisance sait qu’il n’a plus le droit au moindre relâchement.
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