RC Lens : Kyllian Antonio, le pompier de service décomplexé d’une défense en chantier

À seulement 18 ans, l’âge où la plupart des jeunes pousses de La Gaillette font encore leurs gammes avec la réserve, Kyllian Antonio a été propulsé dans le grand bain avec une mission singulière : colmater les brèches.

Axial droit, central, puis axial gauche lors des deux dernières sorties artésiennes, le jeune défenseur s’est mué en un indispensable couteau suisse au cœur d’une arrière-garde lensoise décimée et en pleine reconstruction. S’il a bien conscience du chemin qu’il lui reste à parcourir pour s’imposer durablement, la pépite savoure un temps de jeu inespéré.

L’intérim prolongé en attendant la charnière idéale

Ce samedi soir au Stade de l’Aube face à Troyes, Kyllian Antonio devrait une nouvelle fois enchaîner une titularisation, profitant de la blessure de Jonathan Gradit. Aligné sur le flanc droit de la défense à trois, il accompagnerait Ismaëlo Ganiou (dans l’axe) et Jean-Clair Todibo (à gauche). Une recomposition dictée par le principe de réalité : la récente prestation de Samson Baidoo a cruellement rappelé que l’international autrichien était encore très loin d’avoir recouvré l’intégralité de ses moyens physiques.
Dans l’esprit du staff de Yannick Cahuzac, la charnière type de cette saison 2026-2027 est toute tracée : Ganiou à droite, Baidoo dans l’axe et Todibo à gauche. Mais en attendant que ce trio gagne en automatismes et en coffre, Antonio a un boulevard devant lui pour accumuler de l’expérience et bousculer la hiérarchie.

Un gamin couvé par les tauliers du vestiaire

Loin d’être impressionné par l’enchaînement des rencontres à haute intensité, le jeune homme affiche une maturité déconcertante, grandement facilitée par un vestiaire protecteur. Dès ses premiers pas chez les professionnels, il a été pris sous l’aile des cadres historiques et des leaders techniques du groupe : Jonathan Gradit, Florian Thauvin, Florian Sotoca, sans oublier ses compères de ligne Ganiou et Todibo.

Bien dans ses crampons, l’international U19 refuse catégoriquement de se laisser dévorer par l’enjeu. « Avoir de la pression, non ? Je pense que toute personne de 18 ans aimerait être à ma place », a-t-il balayé avec un grand sourire en conférence de presse. Lucide sur sa marge de progression, il aborde son statut de rustine tactique avec une philosophie irréprochable : « Je suis content de mes performances, même si tout n’est pas parfait. Je sais que je peux encore m’améliorer. Peu importe où je joue, je m’adapte pour montrer au coach qu’il peut compter sur moi. » Une fraîcheur mentale qui fait un bien fou au RC Lens dans cette période de turbulences.

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