Il est passé en quelques mois du statut d’espoir discret à celui de gardien scruté à la loupe. Robin Risser enchaîne les unes, entre projections vers les Bleus et erreurs de jeunesse, comme sa bévue le week-end dernier face à l’AS Monaco, qui rappellent que l’ascension ne va jamais sans secousses.
À l’occasion de la 24e journée de Ligue 1 entre le RC Strasbourg et le RC Lens, Les Dernières Nouvelles d’Alsace lui ont consacré un portrait fouillé. On y découvre notamment que sa vocation serait née d’un simple carreau brisé. À Beblenheim, en frappant le ballon contre la porte de la grange familiale avec son frère Virgile, le jeune Robin aurait promis : « Ne vous inquiétez pas, je vais mettre les gants et ça n’arrivera plus, je vais tout arrêter ! » Une boutade devenue trajectoire.
Très vite, le talent saute aux yeux. Patrick Viveiros, son éducateur jusqu’en U11, se souvient de plateaux débutants où son équipe enchaînait trois matches sans encaisser un but : « Il était très fort à la relance et très bon sur sa ligne. Il avait un énorme potentiel et déjà une mentalité de pro, travailleur et sérieux. » À l’époque, le gamin affichait un objectif clair : devenir plus fort qu’Hugo Lloris. Ambition précoce, caractère affirmé.
Arrivé au RC Strasbourg en U14, Robin Risser attire rapidement les convoitises. À 15 ans, l’OM se penche déjà sur son cas. La famille choisit la prudence, préférant la stabilité alsacienne à un départ précipité. La suite est plus sinueuse qu’un conte de fées.
Après 27 présences sur le banc en Ligue 1 lors de la saison 2022-2023 et un prêt formateur à Dijon en National, le gardien pense tenir sa chance à l’été 2024. Patrick Vieira, alors entraîneur, envisage d’en faire son numéro un, lui se sent prêt. Mais l’arrivée de Liam Rosenior et deux sorties manquées en amical, à Karlsruhe puis contre Fribourg, rebattent les cartes. Cap sur le Red Star en Ligue 2, pour une saison aboutie.
Le rendez-vous avec Strasbourg n’aura finalement jamais lieu chez les professionnels. L’été dernier, le transfert vers le RC Lens scelle l’épilogue d’une histoire inachevée. Une gifle restée en travers de la gorge du jeune gardien, qui fut finalement habilement courtisé par Jean-Louis Leca au moment opportun, alors qu’il n’était même pas le premier choix du RC Lens cet été.
Demain soir, à la Meinau, le natif de Colmar disputera son premier match professionnel dans son ancien jardin, sous les couleurs lensoises. Un clin d’œil du calendrier pour celui qui, des carreaux cassés de Beblenheim aux projecteurs de la Ligue 1, a toujours avancé avec une idée fixe : arrêter les ballons, et ne rien laisser passer.

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