Trahi par ses joueurs en Allemagne, le futur coach du RC Lens prépare sa revanche

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Le costume laissé par Pierre Sage est immense, mais la direction du Racing vient de dénicher un homme taillé pour le porter. L’Allemand Dino Toppmöller s’apprête à prendre les rênes de l’équipe avec une philosophie bien à lui, décryptée sans concession par Patrick Guillou. Au micro du média Capté, l’ancien défenseur devenu consultant de beIN Sports valide totalement ce choix premium pour les lensois.

Un tacticien obsessionnel et proche des hommes

Toppmöller ne vient pas à Lens pour faire de la figuration. Parfaitement francophone, l’ancien adjoint de Julian Nagelsmann au Bayern Munich possède une culture tactique hors norme. Adepte du 3-4-3, il s’inscrit dans la digne lignée des principes de jeu portés par Franck Haise, Will Still ou Pierre Sage avant lui.
Mais sa vraie force réside dans sa gestion humaine. Là où son prédécesseur gardait une certaine distance froide, l’Allemand privilégie le dialogue permanent. « C’est quelqu’un qui, grâce à sa culture tactique, essaye toujours d’anticiper. Après, il est capable aussi humainement de chercher le contact, de discuter en one-to-one avec certains joueurs », souligne Patrick Guillou. Surtout, il arrive avec l’envie de s’imprégner de la ferveur locale sans vouloir tout révolutionner à la hussarde.

Tué à Francfort par ses cadres

Pourtant, sa dernière expérience sur le banc de l’Eintracht Francfort s’est arrêtée brutalement en janvier dernier. Un licenciement qui ressemble davantage à une trahison de son propre vestiaire qu’à un échec tactique personnel. En clair, Toppmöller a été sabordé par ses leaders. Plusieurs cadres de l’arrière-garde et du milieu de terrain ont traversé la saison comme des fantômes, affichant un niveau dramatiquement inférieur à celui des années précédentes.
Guillou se rappelle notamment d’un match complètement fou qui a scellé son destin : « Je me rappelle avoir commenté un match stratosphérique où Francfort mène 6-0 à l’extérieur à Mönchengladbach, et à la fin, le match termine 6-4. » Victime d’erreurs individuelles grossières et répétitives, le coach a tout tenté, passant d’une défense à 3, à 4, puis à 5, sans jamais pouvoir réveiller des cadres en plein déclin. Il quitte l’Allemagne avec un bilan frustrant de 38 buts marqués pour 39 encaissés, mais avec une immense soif de revanche.

Un management psychologique redoutable

À Bollaert, le vestiaire est prévenu : le nouveau patron est indulgent, mais il ne tolérera pas le laisser-aller. Toppmöller sait accorder sa confiance et fermer les yeux sur un loupé, à condition que cela ne devienne pas une habitude.
La sentence pour les récidivistes sera immédiate et sans états d’âme. « Il envoie quelques signes d’avertissement, mais tu n’as pas le temps de faire de la post-formation. Si tu ne comprends pas, au bout de la quatrième erreur, tu ne fais plus partie du groupe, tu es en tribune », prévient Guillou.

Le nerf de la guerre : un effectif taillé pour ses ambitions

Reste une vérité immuable que le consultant rappelle avec force : « Il lui faudra la qualité de l’effectif. » Toppmöller a consenti à des sacrifices financiers pour signer deux ans en Artois, mais il a besoin d’armes pour assumer le lourd héritage laissé par Pierre Sage.
À Francfort, ses tâtonnements défensifs lui avaient coûté sa place malgré un travail de fond exceptionnel. Pour éviter que Bollaert ne devienne un simple tremplin avant qu’il ne rejoigne la liste des anciens lensois à l’étranger, Jean-Louis Leca va devoir lui offrir un groupe calibré pour le championnat et la Ligue des Champions. Le pari est lancé.

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