Il n’a pas eu droit aux projecteurs des notes d’après-match. Et pourtant, à Jean-Bouin, il a laissé une trace bien plus nette que certains titulaires. Entré à la 70e minute lors du large succès du RC Lens sur la pelouse du Paris FC (0-5), Rayan Fofana a plié l’affaire en quelques accélérations bien senties.
Deux ballons, deux services d’Allan Saint-Maximin, deux buts. Efficacité maximale pour le jeune attaquant formé à La Gaillette, qui célébrait son 20e anniversaire quarante-huit heures plus tôt. Une manière élégante de souffler ses bougies : en faisant trembler les filets.
Positionné derrière Odsonne Édouard et Wesley Saïd dans la hiérarchie offensive, Fofana doit souvent se contenter des miettes, ces fins de match où l’on demande autant d’énergie que de lucidité. Samedi, il a offert les deux. Présent dans les replis, agressif dans le pressing, clinique dans la surface.
Robin Risser ne s’y est pas trompé au coup de sifflet final : « Il ne joue pas tout le temps. C’est un garçon que j’adore. Quand il rentre, il met les ingrédients, la bonne énergie. Il nous a beaucoup aidés défensivement. Il est récompensé par deux buts. »
Au-delà des chiffres, c’est surtout l’attitude qui séduit. Rayan Fofana ne triche pas. Il accepte son rôle, il travaille, il attend son heure.
Avec ce doublé, trois semaines après son but inscrit à Marseille, le natif de 2006 porte son total à six réalisations en 21 apparitions cette saison. Un ratio plus qu’honorable pour un joueur majoritairement utilisé en sortie de banc.
Agile, capable d’attaquer la profondeur comme de finir dans la surface, il incarne cette nouvelle génération “Made in Gaillette” que le club cultive avec soin. Arrivé à Lens à 13 ans, il a signé son premier contrat professionnel fin 2024, s’engageant jusqu’en 2027. Un signal fort de la confiance placée en lui.
Dans un effectif où la concurrence s’est densifiée, notamment avec l’arrivée d’Allan Saint-Maximin, les minutes sont précieuses. Mais Rayan Fofana semble avoir compris que son développement passe par cette exigence quotidienne.
À 20 ans, il n’est pas encore un titulaire indiscutable. Il est mieux que cela : un joker crédible, un accélérateur de fin de match, un joueur qui change le rythme d’une rencontre.
Et si la saison lensoise continue sur cette lancée, nul doute que ses occasions se multiplieront. À ce rythme-là, la “perle” ne sera bientôt plus une promesse.
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