Il y a des petites phrases qui claquent mal. Dans son long entretien accordé à L’Équipe, Joseph Oughourlian a livré une vision du mercato lensois qui tranche nettement avec ce que l’on observe sur le terrain : « en termes d’investissement, on a quasiment fini notre marché », a-t-il lâché, avant de nuancer d’un « bien sûr, on est toujours en anticipation, car on sait qu’on peut perdre des joueurs en cas d’offres qu’on ne peut pas refuser ».
Une affirmation qui ne colle pas vraiment à la réalité de l’effectif
Le problème, c’est que cette déclaration résonne étrangement aux oreilles des supporters lorsqu’on regarde l’état réel du groupe. Wesley Saïd et Allan Saint-Maximin sont partis sans avoir été Vraiment remplacés. Les arrivées de Thorgan Hazard ou le retour de Rémy Labeau-Lascary, dont le maintien dans l’effectif au 1er septembre est loin d’être garanti, ne comblent en rien ces départs offensifs. Défensivement, ce n’est pas mieux : Malang Sarr a quitté le navire sans successeur identifié à ce jour, et un renfort supplémentaire à la pointe de l’attaque reste toujours attendu pour équilibrer l’ensemble. Difficile, dans ces conditions, de parler d’un marché « quasiment fini ».
Le vrai discours derrière la petite phrase
En creusant un peu, on comprend surtout que le président défend une philosophie assumée plutôt qu’un bilan comptable définitif. Il mise ouvertement sur La Gaillette pour combler les manques, expliquant vouloir accélérer l’intégration des jeunes pousses du centre de formation et en faire un vrai moteur pour le club, en s’appuyant sur le travail déjà engagé sous Pierre Sage et qu’il attend de voir se poursuivre avec Dino Toppmöller.
Sur la vague de départs de cet été, Joseph Oughourlian justifie également la ligne de prudence du club, refusant de reproduire les excès salariaux observés lors de la précédente qualification en Ligue des champions en 2023. Il cite l’exemple d’Adrien Thomasson, parti à Rennes pour un salaire supérieur de deux fois et demi à ce que Lens était prêt à offrir, tout en assumant une masse salariale pensée pour un scénario prudent, avec une grosse part variable liée aux performances européennes.
Une communication qui interroge plus qu’elle ne rassure
Reste que cette insistance sur un mercato « quasiment terminé », alors que plusieurs postes semblent encore clairement à pourvoir, ressemble davantage à un exercice de communication maîtrisé qu’à un état des lieux sincère de l’effectif. Une chose est sûre : si Lens venait à perdre un ou deux cadres supplémentaires dans les prochaines semaines, cette petite phrase risque de revenir hanter le président lensois.
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