Joseph Oughourlian : « Devenir la filiale d’un club anglais ? Jamais »

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Dans un long entretien accordé à L’Équipe, Joseph Oughourlian a levé un coin du voile sur deux sujets qui intéressent directement l’avenir du RC Lens : la recherche d’un actionnaire minoritaire, toujours en cours, et sa propre projection à la tête du club.

Un actionnaire minoritaire, oui, mais pas à n’importe quel prix

Sur le dossier financier, le président reste prudent sans se fermer aucune porte : « on en dira plus bientôt », glisse-t-il, tout en reconnaissant la difficulté de l’exercice. Trouver des investisseurs prêts à s’engager sur le long terme autour des infrastructures d’un club de Ligue 1 relève, selon lui, du parcours du combattant, notamment à cause de la dégradation des droits audiovisuels et de plusieurs décisions qu’il juge aberrantes prises par la Ligue ces dernières années.

Il y a pourtant une option qui aurait pu simplifier les choses, et qu’il rejette catégoriquement : devenir la satellite d’un grand club anglais. Des approches en ce sens ont bien eu lieu, admet-il, mais l’idée ne fait clairement pas partie de ses plans. « Totalement inenvisageable », tranche-t-il, avant d’ajouter que ce schéma n’a « pas l’ADN de ce club » et que, tant qu’il lui restera « un souffle de vie », il refusera d’aller dans cette direction.

Le président en profite pour égratigner au passage la position de Vincent Labrune sur le sujet, qui aurait qualifié ce genre de montage d’« extraordinaire ». Un jugement qu’il ne partage clairement pas, lui qui y voit au contraire un constat triste pour l’ensemble du football français : à ses yeux, un pays demi-finaliste du dernier Mondial et référence mondiale en matière de formation devrait viser bien plus haut que le statut de simple ligue satellite de la Premier League.

Une présidence sans date de péremption fixée, mais pas éternelle

Interrogé ensuite sur un possible horizon de sortie, en écho aux propos récents du président lillois Olivier Létang, Oughourlian marque d’emblée une différence de statut : contrairement à son homologue nordiste, simple salarié du club, lui reste avant tout actionnaire, ce qui change la nature de la question.
Il assure ne pas se projeter avec une échéance précise en tête, tout en reconnaissant l’existence de limites naturelles à venir : son âge, sa condition physique, l’envie de prendre sa retraite ou de se consacrer à autre chose. Il n’exclut pas non plus, avec une certaine lucidité, l’idée qu’il puisse un jour estimer que d’autres actionnaires seraient mieux placés que lui pour occuper ce rôle.

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