Il fallait malheureusement s’y attendre. Et à force de faire parler de lui pour les mauvaises raisons, Jérémie Pignard a une nouvelle fois réussi à se retrouver au cœur du spectacle. Lors du Trophée des Champions remporté par le RC Lens face au PSG (1-0), l’arbitre a multiplié les décisions qui ont alimenté la frustration lensoise.
Un bilan catastrophique
Deux expulsions, dont celle de Kyllian Antonio côté lensois, celle de Nuno Mendes, anecdotique à la 89′ côté parisien, et surtout un but refusé à Matthieu Udol en fin de rencontre : le bilan de Monsieur Pignard est particulièrement chargé pour une soirée qui aurait pourtant pu se dérouler sans que l’arbitre ne devienne l’un des principaux personnages du match.
Pendant près de quarante minutes, il avait pourtant réussi l’exploit de se faire oublier. Et franchement, ce n’était pas plus mal.
Antonio expulsé, une décision qui fait grincer des dents
À la 39e minute, Jérémie Pignard sort le carton rouge contre Kyllian Antonio après un tacle sur Maghnes Akliouche.
Le défenseur lensois arrive en avance et touche d’abord le ballon avant que son pied termine néanmoins sur la cheville du Parisien, néanmoins avec retenue. Un geste qui peut effectivement être considéré comme non maîtrisé. Mais la sanction maximale a immédiatement suscité les interrogations.
L’arbitre n’a pas hésité une seconde. Le VAR n’est pas intervenu et Antonio a été prié de rejoindre les vestiaires.
Une décision particulièrement lourde de conséquences alors que le joueur parisien s’est rapidement relevé et a poursuivi la rencontre.
Depuis les tribunes, la colère était déjà palpable. Et Jean-Louis Leca n’a pas attendu très longtemps pour faire passer le message. Au retour des vestiaires, le directeur sportif lensois a ainsi lancé à l’arbitre : « Vous avez le don de tuer un match. », rappelant au passage le passif de l’homme en noir.
Une phrase qui résume parfaitement le sentiment côté lensois.
Le même tacle, mais pas la même sanction
Le problème, surtout, est venu de la comparaison avec une situation intervenue en seconde période.
Désiré Doué s’est rendu coupable d’une intervention sur Matthieu Udol qui ressemblait furieusement à celle ayant valu son rouge à Antonio. Cette fois, pourtant, Jérémie Pignard s’est contenté d’un carton jaune. Et là également, la VAR n’est pas sortie de sa léthargie.
Deux actions comparables, deux sanctions radicalement différentes. C’est précisément ce genre de différence de traitement qui nourrit l’incompréhension et donne le sentiment que la lecture de certaines situations dépend parfois davantage de l’instant que d’une véritable cohérence arbitrale.
Et ce but refusé qui aurait pu coûter très cher
Mais le plus gros sujet de frustration est sans doute arrivé à la 89e minute.
Deux minutes après l’expulsion logique de Nuno Mendes pour un coup de coude volontaire au visage de Skoras, le RC Lens pense inscrire un deuxième but. Fabian Ruiz commet une faute sur Rayan Fofana, mais le Lensois parvient à poursuivre l’action et à transmettre le ballon à Michał Skóraś.
Le Polonais centre et Matthieu Udol surgit pour placer une superbe tête au fond des filets.
Sauf que Jérémie Pignard avait déjà sifflé. Pas d’avantage laissé au Racing. Pas de but. L’action est arrêtée avant même de pouvoir aller à son terme.
Et c’est là que l’on peut sérieusement s’interroger : alors que Fofana avait conservé le ballon malgré la charge et que Lens se trouvait en position offensive particulièrement favorable, pourquoi interrompre immédiatement l’action ?
Il restait encore quelques minutes à jouer, temps additionnel compris. Dans une rencontre aussi serrée, ce deuxième but aurait évidemment pu changer totalement la fin de partie.
Heureusement pour Lens, le PSG n’a pas réussi à égaliser.
Et c’est probablement ce qui permet aujourd’hui de relativiser certaines décisions. Si le PSG avait égalisé, les débats seraient autrement plus violents.
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Mais cela ne gomme pas le problème
Un arbitre ne devrait pas être un acteur majeur d’une rencontre pour des décisions aussi lourdes et parfois difficiles à comprendre. Encore moins lorsque la cohérence entre deux situations similaires pose question.
Jérémie Pignard avait déjà un passif peu flatteur dans l’esprit du public lensois. Son passage à Bollaert ce dimanche n’a clairement pas contribué à améliorer son image.
Au moment de la remise du trophée, les sifflets nourris descendus des tribunes ont d’ailleurs parfaitement résumé l’ambiance.
Le RC Lens a remporté le Trophée des Champions. C’est évidemment l’essentiel.
Mais une chose est désormais certaine : Jérémie Pignard est clairement devenu persona non grata à Bollaert.
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