C’est l’histoire d’un déclassement qui commence à faire sérieusement grincer des dents en Artois. Étincelant la saison dernière sous les ordres de Pierre Sage, où il s’était imposé comme le numéro trois naturel dans la hiérarchie de l’entrejeu derrière des tauliers comme Thomasson et Sangaré, Andrija Bulatovic vit un début de saison 2026-2027 aux allures de purgatoire. Une mise au ban qui n’a pas échappé aux radars des puissances financières du Golfe, prêtes à sauter sur l’occasion pour exfiltrer le joyau monténégrin.
Al-Ahli a flairé la bonne affaire
Dans le football moderne, le temps de jeu d’un espoir est scruté à la loupe par les cellules de recrutement du monde entier. Constatant que le milieu de terrain rongeait son frein sur le banc artésien, le club saoudien d’Al-Ahli s’est engouffré dans la brèche lors des derniers jours du mercato. Sentant le joueur potentiellement frustré, la formation du Golfe a dégainé une proposition de rachat ferme.
Il aura fallu toute la fermeté du board lensois, catégorique sur son refus de laisser partir son joyau, ou trop gourmand sur l’indemnité, pour faire capoter l’opération. Face à ce mur, Al-Ahli aurait finalement pivoté pour s’offrir Ibrahima Diaby (Cercle Bruges) contre un chèque rondelet de 13,5 millions d’euros.
La frilosité de Dino Toppmöller
Si le RC Lens a su résister aux sirènes saoudiennes, la gestion sportive du dossier pose aujourd’hui une question de fond. Barré par les arrivées estivales de Michaël Cuisance et Yacine Titraoui, mais aussi par le retour progressif d’Amadou Haïdara, Bulatovic récolte les miettes. Pire, il est à ce jour le seul milieu de terrain de l’effectif à ne pas avoir été testé au sein d’une paire titulaire par Dino Toppmöller. Sur les réseaux sociaux, la frilosité du technicien allemand suscite une incompréhension grandissante. Les supporters supportent mal de voir un tel talent gâché sur le banc, surtout au regard des énormes lacunes affichées par l’équipe dans la construction du jeu et l’intensité depuis le mois d’août.
Prague, le théâtre idéal pour une réhabilitation ?
Le marasme collectif aperçu face à Lorient ce week-end doit obligatoirement rebattre les cartes. Le cruel manque de vice, l’absence de justesse sur les coups de pied arrêtés et le déficit d’abattage à la récupération sont autant de maux que le profil de Bulatovic peut soigner. Le déplacement européen de ce jeudi sur la pelouse du Slavia Prague en Ligue des Champions résonne comme l’occasion rêvée de corriger le tir. Offrir enfin soixante-dix minutes de jeu minimum au Monténégrin ne serait plus un pari, mais une simple mesure de bon sens pour relancer une machine sang et or grippée.
Nos derniers articles :
- Deux défaites, un nouveau Lens : le RC Lens retrouve la Ligue des Champions à Prague
- RC Lens et le cas Bulatovic : quand le déclassement du prodige attire les prédateurs saoudiens
- Marion Rousse et son fils Nino s’affichent en supporters du RC Lens
- RC Lens : le prêt d’Anthony Bermont mal engagé
- Recrues en rodage, chat noir et système défaillant : pourquoi la mayonnaise ne prend pas au RC Lens
- Le RC Lens avait presque bouclé son transfert… un an plus tard, les regrets sont tenaces
- Nawrocki, Udol, Titraoui, Lens peut‑il encore éviter le joker ?
- RC Lens : Une sale opération comptable et un classement qui grince


