Il aurait pu continuer à avaler les kilomètres sur son flanc droit, distribuer les centres et faire vibrer Bollaert. Mais le 15 octobre 2022, Jimmy Cabot a vu sa carrière professionnelle s’arrêter brutalement. Ce soir-là, face à Montpellier, dans les ultimes secondes d’un match tendu, le piston lensois s’écroule, victime d’une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche. Un drame sportif… aggravé par un contexte humain amer.
Dans un entretien accordé à L’Équipe, l’ancien joueur du RC Lens est revenu sur ce moment charnière, et sur une relation devenue impossible avec l’arbitre Hakim Ben el-Hadj, resté sourd à ses douleurs ce soir-là. « Le plus dur, ce n’a pas été la blessure en elle-même, mais le contexte général », confie-t-il. À l’instant où il s’effondre, Ben el-Hadj lui intime de se relever, pensant sans doute à une simulation pour casser le rythme. « C’était la 94e, on menait 1-0, Montpellier poussait… Il a dû penser que j’en rajoutais », tente de nuancer Cabot. « Mais il y a eu un peu de laxisme face à une possible blessure. »
Pas de message après, pas d’excuse, pas même un mot de la Direction de l’arbitrage. Une forme de silence radio qui a laissé des traces. « Il n’a pas commis d’erreur d’arbitrage, mais le manque de considération m’a blessé. » L’histoire ne s’arrête pas là. Retiré des terrains professionnels, Cabot a rebondi comme consultant, notamment pour DAZN. Et là encore, l’ombre de Ben el-Hadj s’est invitée.
« À Toulouse, je serre la main du trio arbitral. Quand j’arrive à lui, il m’ignore complètement. J’ai trouvé ça moyen. » Cabot reconnaît que ses critiques à l’antenne, notamment après un Lens-Toulouse tendu début janvier 2025, ont pu froisser. « J’avais écrit sur X : “Ne lui en voulez pas, il a l’habitude de passer à côté de l’événement.” » Il ne nie pas que la pique ait pu marquer. Mais il déplore une relation figée : « On a peut-être atteint un point de non-retour. Il a été attaqué, certes, mais il avait déjà fait une erreur sur Gradit, qui s’était fracturé la clavicule deux mois plus tôt. »
Aujourd’hui, Jimmy Cabot vit en Haute-Savoie, loin du tumulte de la Ligue 1, loin de Paris aussi, dont il dit ne pas être fait pour la vie trépidante. Il a repris une licence dans un club amateur local, « pour rester au contact », en attendant de passer ses diplômes d’entraîneur. Une page s’est tournée, mais certaines blessures, elles, peinent à cicatriser.
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