Pendant que les hommes de Dino Toppmöller s’apprêtent à fouler les pelouses de la Ligue des champions, les femmes du Racing Club de Lens, elles, font leurs cartons. Le contraste est saisissant, presque cruel. Alors que les regards sont naturellement tournés vers les ambitions retrouvées de l’équipe masculine, la situation est bien plus préoccupante du côté de la section féminine. La relégation en Seconde Ligue au terme d’une saison 2025-26 épuisante n’aura été que le premier acte d’une désintégration qui se poursuit, méthodique et silencieuse, depuis la fin du mois de mai.
M’Barek tire le rideau
L’annonce du club était formulée avec la politesse institutionnelle qui convient aux séparations douloureuses. « Après un cycle de six saisons, Sarah M’Barek ne sera plus à la tête de l’équipe fanion féminine. » Six ans. Le temps de construire quelque chose, de gravir les échelons jusqu’à l’Arkema Première Ligue, une première historique pour le club, et de redescendre. Les joueuses de Sarah M’Barek avaient entamé leur aventure dans l’élite par la réception du Paris SG, vice-championnes de France. Un baptême du feu qui donnait le ton d’une saison qu’elles n’étaient pas armées pour traverser sans casse.
Battues 0-1 par l’OM lors de l’avant-dernière journée, les Artésiennes avaient perdu leur destin pour le maintien, avant de voir les scénarios mathématiques s’effondrer les uns après les autres. La fin était prévisible ; elle n’en était pas moins amère. Avec M’Barek s’en vont également Alan Wengert, Christophe Gardié, Mahé Benne, Ophélie Bolzon et Théo Verfaillie. La totalité du staff technique. Quand le navire coule, l’équipage ne reste pas.
L’hémorragie, joueuse par joueuse
À ce stade, il serait plus rapide de compter celles qui restent que celles qui partent. Les premières à claquer la porte ont été Anderson et Pinot. Puis Gbedjissi, qui avait été la plus en vue collectivement cette saison, est partie à son tour. Jézéquel, Connesson et Lejeune ont suivi le mouvement dans les jours qui ont suivi. Puis dimanche soir, c’est la capitaine Tess David qui a posté sa lettre d’adieu sur Instagram. Sept joueuses. En quelques jours. Sans que rien ne semble pouvoir endiguer le flux.
Quatre joueuses avaient d’ailleurs déjà signifié leur départ avant même la fin de saison. Le prêt d’Oillic, venue de l’OL Lyonnes, n’a logiquement pas été prolongé. Quant à Babou, Revelli, Merzougui et Vagre, leur avenir lensois reste à ce jour une question ouverte. La liste est longue. L’effectif qui prendra le départ en Seconde Ligue ressemblera davantage à une page blanche qu’à la continuité d’un projet.
L’incertitude comme seule certitude
Le pire, dans tout cela, c’est que le RC Lens Féminin ne sait même pas encore dans quelle division il évoluera la saison prochaine. Sportivement relégué, le club conserve un mince espoir de retrouver la Première Ligue sans jouer, suspendu au sort financier du Dijon FCO, dont le passage devant la DNCG pourrait ouvrir la voie à un repêchage administratif. Du côté des arrivées, tout est pour l’instant gelé. Construire un effectif sans connaître la division dans laquelle il évoluera relève d’un véritable casse-tête.
On attendrait donc que le club se batte pour retenir l’essentiel, communique, rassure. Au lieu de ça, les départs s’annoncent au compte-gouttes sur les réseaux sociaux, sans réponse visible de la direction, et la question qui plane, qui va encadrer ce groupe en reconstruction ? … reste sans réponse publique.
Le RC Lens masculin joue la Ligue des champions. Le RC Lens féminin joue sa survie. Et pour l’instant, personne ne semble vraiment regarder dans cette direction.
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