Il y a les recrues qui viennent compléter un effectif. Et puis il y a celles qui viennent le bousculer. Allan Saint-Maximin appartient clairement à la seconde catégorie. L’ailier français, récemment libéré par le Club América, doit s’engager dans les heures à venir avec le RC Lens. Un coup de marché aussi audacieux qu’assumé.
L’idée est limpide : injecter du déséquilibre pur dans une équipe parfois confrontée à des blocs bas bien organisés. Allan Saint-Maximin, c’est ce genre de joueur qui fait reculer une défense de dix mètres, qui force un latéral à défendre en marche arrière et qui peut faire basculer un match sur une accélération. La contrepartie est connue depuis longtemps : avec lui, tout est rarement tiède. C’est incandescent… ou frustrant.
Un retour express après un départ brutal du Mexique
Son passage au Club América s’est arrêté net, dans un contexte extra-sportif lourd, marqué par des accusations de racisme visant ses enfants. Une situation qui a précipité son départ et ouvert une fenêtre de tir pour Lens. À l’affût d’un ailier libre sur le marché, Jean-Louis Leca a rapidement activé la piste, conscient du caractère opportuniste, et risqué, du dossier.
Un profil unique : provoquer, éliminer, dérégler
Saint-Maximin reste avant tout un dribbleur compulsif, l’un des plus marquants de sa génération en Ligue 1. Spécialiste du un-contre-un, adepte des changements de rythme et de la conduite de balle collée au pied, il a été sacré à deux reprises dribbleur le plus efficace du championnat (2017, 2019). Lors de la saison 2018-2019, il avait notamment totalisé 143 dribbles réussis, un chiffre parmi les plus élevés recensés par la LFP sur la période.
À ce profil s’ajoute le personnage : bandeau iconique, style assumé, références revendiquées. À Bollaert, si la connexion se fait, l’effet peut être électrique. Et si elle ne se fait pas… elle ne passera pas inaperçue.
Des qualités évidentes, des limites connues
Le RC Lens s’offre un joueur capable de créer un avantage immédiat, d’être décisif en transition et de transformer un contre anodin en occasion franche. Principalement ailier gauche, Saint-Maximin peut aussi évoluer à droite ou plus près de l’avant-centre. Il a d’ailleurs déjà prouvé qu’il pouvait produire des gestes décisifs de grande classe, comme en témoigne son Goal of the Month en Premier League en août 2022.
Mais le CV raconte aussi une autre histoire : une efficacité irrégulière dans le dernier geste (46 buts et 57 passes décisives en 370 matches), des choix parfois contestables quand le dribble devient une fin en soi, et un historique physique ponctué d’absences notables. Sans oublier un parcours récent jalonné de turbulences, notamment lors de son passage à Fenerbahçe.
Un globe-trotter au talent intact
Formé à Saint-Étienne, passé par Monaco, Bastia, Nice, Newcastle, l’Arabie saoudite, la Turquie et le Mexique, Allan Saint-Maximin revient en France avec un statut à part. À noter qu’il connaît déjà Jean-Louis Leca, croisé à Bastia lors de la saison 2016-2017, un détail qui a sans doute pesé dans la balance.
Le RC Lens recrute avant tout une menace permanente, capable de renverser un match sans prévenir, même après 70 minutes anonymes. Mais il signe aussi un pari : celui de canaliser l’énergie, de cadrer les choix et de préserver le corps.
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