Chaque été, c’est la même équation qui revient sur la table du board lensois : combler l’écart entre 65 millions d’euros de recettes et 105 millions de dépenses, soit un trou d’environ 40 millions à trouver coûte que coûte.
Ni la qualification en Ligue des champions, pourtant financièrement providentielle, ni les recettes exceptionnelles ne changent la philosophie du club : Joseph Oughourlian a toujours refusé de sacrifier la pérennité du projet sur l’autel d’un calcul à court terme. Cette année encore, la mécanique tourne à plein régime.
Un seul joueur, toute la solution
Et cette fois, la réponse pourrait tenir en un seul nom. Mamadou Sangaré, 24 ans, sous contrat jusqu’en 2030, représente à lui seul le montant recherché par la direction, de quoi éviter des coupes douloureuses sur les autres lignes du recrutement. Sa première saison en Artois a de quoi justifier un tel engouement : 33 matches, 3 buts, 4 passes décisives, et surtout un rôle de métronome devant la défense qui lui a valu le prix Marc-Vivien Foé du meilleur joueur africain de Ligue 1. Un rendement d’autant plus remarquable qu’il n’avait coûté que 8 millions d’euros au moment de son arrivée en provenance du Rapid Vienne.
Un carnet de courtisans XXL
Sans surprise, ce genre de saison attire du beau monde. Liverpool, Manchester United et Chelsea suivent tous le dossier de près, et un nom est venu s’ajouter récemment à la liste : Crystal Palace, où Pierre Sage, son ancien entraîneur à Lens, pourrait bien plaider sa cause en interne. Une concurrence qui joue clairement en faveur des Sang et Or : plus les courtisans se bousculent, plus les enchères ont de chances de dépasser largement les 40 millions d’euros de valeur marchande estimée, ce qui explique l’attentisme assumé de la direction lensoise, prête à laisser le marché monter avant de trancher.
Le joueur, lui, ne semble pas pressé
Reste un paramètre qui complique légèrement l’équation comptable : Sangaré lui-même ne donne aucun signe d’empressement à partir. Interrogé sur son avenir, le Malien a laissé entendre qu’il prenait son temps, évoquant même la perspective de découvrir la Ligue des champions sous ses nouvelles couleurs lensoises comme un argument qui pourrait le retenir une saison de plus. Une position qui, paradoxalement, pourrait aussi servir les intérêts du club : plus Sangaré patiente, plus sa cote continue de grimper, et plus la vente XXL tant espérée par les finances artésiennes s’annonce lucrative le jour où elle se concrétisera.
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