L’incroyable ironie autour de Franck Raviot, l’ancien du RC Lens écarté des Bleus

Écarté du staff de l’équipe de France par le nouveau sélectionneur Zinédine Zidane, l’ancien Lensois Franck Raviot se retrouve dans une situation institutionnelle totalement ubuesque : il pourrait être amené à former et diplômer Fabien Barthez, l’homme qui vient tout juste de lui prendre sa place. Dans la grande sphère du football français, l’ironie du destin ne manque jamais de piquant.

Un monument de l’ombre poussé vers la sortie

Passé par les équipes de jeunes du RC Lens, Franck Raviot s’était bâti un CV d’entraîneur des gardiens absolument titanesque. Après une décennie à couver les Espoirs, il a passé seize années consécutives à veiller sur les cages de l’équipe de France A, survivant aux mandats de Laurent Blanc puis de Didier Deschamps. Avec 214 rencontres internationales, quatre Coupes du monde et quatre Euros au compteur, il a façonné et accompagné des références mondiales comme Hugo Lloris ou Mike Maignan.
Pourtant, le coup de balai opéré par Zinédine Zidane à son arrivée a été radical. Le nouveau sélectionneur a logiquement souhaité imposer son staff et a confié les clés des gardiens tricolores à son ancien coéquipier champion du monde, Fabien Barthez.

Le professeur évincé va devoir instruire son successeur

La suite de l’histoire prend des allures de comédie grinçante. Non conservé chez les A, Franck Raviot a retrouvé ses bureaux de la Direction Technique Nationale (DTN), une institution qu’il avait intégrée dès 2000 sous l’impulsion d’Aimé Jacquet. Ses nouvelles prérogatives ? Former les jeunes de l’INF Clairefontaine et… assurer la formation des entraîneurs des gardiens sur tout le territoire national.
Or, le célèbre Divin Chauve ne possède pas encore les diplômes requis pour exercer officiellement ses nouvelles fonctions d’entraîneur des gardiens au plus haut niveau. Salarié de la FFF, il doit donc suivre le cursus de formation fédéral… qui peut être dispensé par Franck Raviot en personne. Le prédécesseur, prié de faire ses valises car jugé obsolète pour la nouvelle ère, se retrouve donc chargé de délivrer la légitimité théorique à son successeur non certifié.

À 53 ans, Franck Raviot gère ce délicieux paradoxe avec une classe et un professionnalisme irréprochables, assumant ses missions avec le même enthousiasme que lorsqu’il entraînait l’élite. S’il n’a pas encore eu l’occasion de corriger la copie de son successeur en salle de classe, l’ancien Sang et Or reste pleinement investi à la DTN, tout en gardant, selon son entourage, la porte ouverte à un retour vers le très haut niveau. Un niveau pour lequel il a, au moins, tous ses diplômes.

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