L’homme qui avait humilié Hervé Koffi voudrait en faire son numéro 1

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Il existe des rumeurs de mercato qui font sourire avant même qu’on en vérifie le bien-fondé. Celle-ci en fait indéniablement partie. Selon plusieurs échos venus de Bourgogne, Will Still souhaiterait s’attacher les services d’Hervé Koffi à l’AJ Auxerre.
Pour comprendre l’incongruité de la situation, il faut remonter le fil d’une histoire qui s’était terminée dans l’amertume, et qui n’avait, jusque-là, jamais laissé présager de retrouvailles.

Retour sur les lieux du crime

L’affaire débute en janvier 2025. Will Still, alors aux commandes du Racing, doit gérer la succession de Brice Samba dans les buts lensois. Son choix se porte sur l’Australien Matthew Ryan, recruté pour six mois, plutôt que sur Hervé Koffi, qui avait pourtant montré de belles dispositions lors de ses apparitions. Jusque-là, rien que de très classique dans la gestion d’un effectif. Le problème, c’est la justification.
« La réalité des chiffres est qu’on a perdu trois fois lors de quatre rencontres avec Hervé dans les buts », avait lâché le technicien belgo-anglais au micro de DAZN. Une phrase qui sonnait comme une mise en cause directe du gardien burkinabè, façon de dire : si on perd, c’est de sa faute. Le malaise est immédiat, tant dans le vestiaire que dans les tribunes. Une semaine plus tard, sentant la polémique grossir, Will Still tente un rattrapage en conférence de presse : « Je lui ai dit qu’il avait eu de la malchance par rapport aux matches joués. Je n’ai jamais dit qu’Hervé avait mal fait les choses. » Trop tard. Le mal était fait, et la formule originale, elle, était restée gravée.

Koffi, l’art de ne jamais vraiment tourner la page

Prêté sans option d’achat au SCO Angers l’été suivant, Hervé Koffi n’a pas pris la peine de jouer la carte de la diplomatie pour sa présentation. « Mon passage à Lens m’a appris beaucoup de choses, à ne pas trop vite s’attacher aux gens, à être très prudent et à se méfier », confiait-il, la rancune encore à vif. Quelques semaines plus tard, dans L’Équipe, il enfonçait le clou avec une formule qui ne laissait guère de doute sur ses intentions : « Avec ce qu’il s’est passé à Lens, pas mal de gens sont restés sur leur faim et se demandent si Will Still avait raison ou tort. À moi de montrer qu’il avait tort. »
Un message limpide, presque une promesse solennelle. Devenu numéro un en Anjou à la place de Yahia Fofana, Koffi a effectivement répondu sur le terrain, au point d’effectuer un retour à Lens cet été, sous contrat jusqu’en 2028, avec une cote revalorisée et l’intérêt de plusieurs clubs.

Et voilà que l’histoire se rejoue

C’est là que la rumeur Auxerre prend tout son sel. Imaginer Will Still et Hervé Koffi retravailler ensemble, sans la moindre explication préalable sur l’épisode lensois, relève presque de la candeur. Soit le technicien belgo-anglais a une mémoire sélective, soit il considère, à raison, peut-être, que les résultats parlent davantage que les rancunes. Soit, plus simplement, le football a cette capacité unique à faire abstraction de tout, pourvu que l’intéressé sache encore arrêter un ballon.
Reste une question qui mérite d’être posée avec la même ironie que celle qui a présidé à cette affaire depuis le début : si jamais ce transfert se concrétise, qui, de Still ou de Koffi, devra le premier geste de réconciliation ? Et surtout, le coach auxerrois saura-t-il, cette fois, mesurer ses mots devant un micro ?

Du côté de Bollaert, l’ironie n’est pas moins savoureuse. Le RC Lens avait préféré Matthew Ryan à Hervé Koffi. Aujourd’hui, c’est Robin Risser qui tient les cages, et le sort du Burkinabè se réglera probablement loin de l’Artois, peut-être avec l’homme qui l’avait poussé vers la sortie. La boucle, décidément, a un drôle de sens de l’humour.

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