Avec la nomination de Dino Toppmöller, le RC Lens accueille son quatrième entraîneur consécutif après Franck Haise, Will Still et Pierre Sage. Si ce turnover sur le banc artésien interroge, le directeur général du club, Benjamin Parrot, assume cette nouvelle réalité. Pour la direction Sang et Or, la pérennité du projet prime désormais sur la longévité des hommes.
Quatre saisons, quatre entraîneurs
Le banc lensois a effectivement vu défiler successivement Franck Haise, Will Still, Pierre Sage, et désormais Dino Toppmöller en quatre saisons. Une valse des techniciens qui, par certains aspects, ravive inévitablement le spectre de l’instabilité chronique connue par d’autres clubs historiques de l’élite, à l’image du FC Nantes sous l’ère Kita.
Dès lors, une question légitime s’impose : l’Allemand, bien qu’engagé pour deux saisons, s’inscrira-t-il dans la durée en Artois ?
Le cap plutôt que les hommes
Interrogé sur cette frénésie par Sandrine Arestier dans la Voix Des Sports, Benjamin Parrot a livré une grille de lecture très pragmatique, refusant de voir dans ces changements successifs une anomalie lensoise.
« Déjà, ce phénomène-là de changement de coach, plus qu’un phénomène lensois, je dirais que c’est une parabole du football moderne », a analysé le directeur général du RC Lens. « Douze entraîneurs ont changé en Ligue 1. Dans le foot actuel, la stabilité ne signifie plus forcément de conserver les mêmes personnes. La stabilité, elle signifie de conserver les mêmes visions. C’est ça, à la base. Un entraîneur, des membres du staff ou des joueurs peuvent changer, des méthodes peuvent évoluer. Mais ce qui ne doit surtout pas changer, c’est le cap et le cadre du club. C’est fondamental. »
Une institution au-dessus des destins individuels
Le message sous-jacent est clair : au Racing, l’institution est plus forte que les individus, et personne n’y est irremplaçable. Cette prise de parole anticipe presque les scénarios futurs. Si Dino Toppmöller venait à réaliser une saison exceptionnelle, profitant de la vitrine prestigieuse de la Ligue des Champions pour briller aux yeux de l’Europe, il serait naïf de croire qu’un départ en juin prochain est impossible. L’argument de ne pas « rater le train en marche », pour reprendre la formule utilisée par Pierre Sage, pèserait alors de tout son poids.
Ainsi va le football moderne, une industrie où la notion de contrat s’est fortement fragilisée face à la loi du marché. Qu’il s’agisse d’un entraîneur convoité ou d’un joueur déterminé à forcer son départ au point de recourir au bras de fer, l’engagement contractuel ne sanctuarise plus la présence d’un homme au sein d’un club. Le RC Lens l’a compris : s’il ne peut maîtriser les ambitions personnelles de ses salariés, il entend bien rester le seul maître de son projet.
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