Disons-le d’emblée : il n’y a aucune raison de siffler Will Still lors de son retour sur la pelouse de Bollaert-Delelis dimanche après-midi, cette fois sur le banc de l’AJ Auxerre.
Une saison réussie malgré des moyens limités
Son départ du RC Lens après une seule saison, officiellement motivé par des raisons extra-sportives dont la version complète reste encore difficile à cerner, ne doit pas faire oublier le travail accompli durant son court passage en Artois. Coincé entre deux techniciens présentés comme des faiseurs de miracles, Franck Haise avant lui et Pierre Sage après lui, Will Still avait hérité d’un effectif fragilisé par un mercato largement tourné vers les départs, avec des arrivées estampillées Dréossi-Lopez qui n’avaient guère emballé le public. Il avait notamment fallu composer avec les départs de David Pereira da Costa, Przemyslaw Frankowski, Kevin Danso, Abdukodir Khusanov et Brice Samba, excusez du peu. Pourtant, c’est un bilan de 37 matchs, 16 victoires, 14 défaites et 7 nuls qu’a laissé le technicien belgo-anglais.
Un bilan que Jean-Louis Leca ne renie pas
Interrogé sur ce passage, le directeur sportif lensois, alors coordinateur sportif à l’époque, ne cache pas son estime pour l’homme et pour le travail accompli : « Will, ce n’est pas un bon souvenir, c’est un très bon souvenir. J’ai adoré l’homme et ce qu’il dégageait. Il a aimé les gens du club et il a été aimé ici. » Sur le plan strictement sportif, Leca est tout aussi clair : « je dis qu’il a réussi. Il passait derrière Haise, la situation économique était difficile et on avait dû vendre des joueurs à la trêve. Mais ça ne lui a pas fait peur. »
Un départ qu’il assume, malgré l’échec anglais qui a suivi
De son côté, Still a réaffirmé hier en conférence de presse le caractère purement privé de son choix de quitter le club. Il reconnaît toutefois une part de précipitation dans la suite de son parcours : « mon erreur, derrière, est d’être allé trop vite dans un autre challenge. » Son aventure à Southampton s’est effectivement arrêtée net après seulement six mois, limogé en novembre.
Il faut dire que ce départ de Lens tenait aussi à des tensions personnelles avec Diego Lopez, alors directeur sportif. Or ce même Lopez était à l’époque en froid avec Jean-Louis Leca. Un ennemi commun qui explique peut-être, en partie, la tendresse que garde aujourd’hui Leca pour son ancien entraîneur : les ennemis de mes amis sont mes ennemis, dit l’adage, et il fonctionne visiblement aussi à l’envers.
Un aveu sincère et un dernier mot pour le public
Will Still reconnaît volontiers que « tout n’a pas été parfait » durant son passage lensois, tout en gardant un souvenir ému du soutien reçu dans ses moments personnels les plus délicats : « j’ai aimé le soutien du public. » Alors dimanche, plutôt que des sifflets, ce sont bien des applaudissements que mérite celui qui n’aura passé qu’une saison à Lens, mais qui aura tout de même réussi à hisser l’équipe à une honorable huitième place, malgré un mercato aussi discount à l’achat que destructeur côté départs.
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