En tête de Ligue 1 à la Sainte-Barbe, le RC Lens savoure le symbole mais garde la tête froide. Benjamin Parrot, directeur général depuis mai, résume l’état d’esprit maison pour La Voix Des Sports : profiter de la lumière sans perdre l’ADN du club.
« Être leader ce jour-là, c’est un clin d’œil superbe. Mais si on se met à contempler, on se perd. » Au Racing, on « charbonne », dit-il, du sportif à l’administratif, avec des pieds solidement plantés dans le sol de Bollaert.
Cette lucidité a notamment séduit la DNCG : exempté cet hiver, Lens présente un financement « parfaitement assuré » et n’a « aucune obligation de vente ». Un luxe dans un football français où les droits TV se sont effondrés… et que le club avait anticipé en mettant « zéro euro » de cette ligne dans son budget. Résultat : un équilibre construit sur la prudence et un mercato estival maîtrisé.
Reste l’équation structurelle. Dans les comptes : 60 M€ de produits pour 105 M€ de charges. « On a 45 millions à combler par du trading. Enfin, du mercato. » Benjamin Parrot ne tourne pas autour du pot : sans droits TV, le Racing doit assumer son rôle de club tremplin pour rester pérenne. « Si on n’accepte pas ça, on n’accepte pas d’être un club pérenne, tout simplement. » Et même en étant quatrième aux revenus commerciaux, Lens n’est que dixième masse salariale du championnat. « D’autres s’équilibrent grâce à l’apport d’actionnaires. Nous, on doit être autosuffisants. Je trouve ça responsabilisant. »
Cette philosophie pousse le club à traquer les « gains marginaux ». Lens a ainsi investi 2 M€ dans ses infrastructures : un parvis repensé à Bollaert, des espaces de restauration modernisés, et surtout La Galerie, un salon « quasi muséal » qui devrait rapporter 800 000 € par saison. Une diversification assumée : « Ça fait une dizaine d’années que le club n’avait pas investi autant. Je crois beaucoup en la diversification. »
Reste un enjeu plus capitalistique : l’arrivée d’un actionnaire minoritaire. Les sollicitations existent, mais « aucune piste imminente » pour l’instant. Là encore, prudence et lucidité.
En haut du classement ou devant la DNCG, Lens avance donc avec le même credo : enthousiasme maîtrisé, gestion rigoureuse et fidélité à son identité. Une manière de rester au sommet sans oublier d’où l’on vient, et surtout comment on y reste.
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