Demain soir, l’ambiance promet d’être particulièrement singulière dans les travées de Bollaert-Delelis. Pour l’ouverture de la 6e journée de Ligue 1, le RC Lens accueille l’Olympique Lyonnais, mais tous les regards seront braqués sur un seul homme : Loïs Openda. L’attaquant belge, idole absolue de l’antre artésien lors de son inoubliable saison « XXL » en Sang et Or, revient fouler la pelouse qui l’a vu exploser. Un retour chargé d’émotions, mais surtout de craintes.
Le transfert avorté et la menace lyonnaise
Le destin est parfois cruel. Cet été, Jean-Louis Leca a pourtant tenté un coup de poker pour rapatrier le buteur belge sous la forme d’un prêt. Une tentative désespérée qui s’est heurtée à la dure réalité économique, le salaire du joueur étant totalement hors de portée pour les finances artésiennes.
Aujourd’hui, c’est donc avec la tunique de l’Olympique Lyonnais sur les épaules qu’Openda se présentera face au public lensois. Un crève-cœur pour les supporters, mais surtout un immense danger sportif face à une équipe rhodanienne en pleine confiance. Yannick Cahuzac, le coach lensois, ne s’y trompe pas. En conférence de presse, il s’est montré particulièrement élogieux envers son ancien protégé et son futur adversaire : « On n’est pas surpris de le voir où il est. Même s’il a connu une saison compliquée l’an dernier, c’est un très bon joueur. On l’a vu exploser chez nous, ce sera un plaisir de le revoir. Lyon est un gros du Championnat, l’une des trois équipes qui n’ont pas encore perdu. Ils ont la meilleure défense, c’est un adversaire redoutable. »
La malédiction de Bollaert-Delelis
Si la méfiance de Cahuzac est de mise, c’est aussi parce que le RC Lens entretient une relation presque mystique avec la redoutable « loi de l’ex ». À l’échelon national, le club artésien est l’une des victimes les plus récurrentes de ce phénomène paranormal qui veut qu’un ancien joueur marque systématiquement contre son ancien club.
Les anciens de Bollaert se souviennent avec un pincement au cœur du retour de Roger Boli. Meilleur buteur du championnat en 1994 et fusionnel avec le public, il avait glacé le sang des supporters en marquant sous les couleurs du Havre AC, laissant le stade dans un curieux mélange de nostalgie et de stupeur. La liste des bourreaux est longue : d’Olivier Thomert (avec Rennes) à Toifilou Maoulida et ses fameuses bandelettes (avec Bastia).
Les enfants de La Gaillette ne sont pas en reste. Des milieux formés au club comme Wylan Cyprien (Nice) ou Benjamin Bourigeaud (Rennes) ont souvent rappelé leur lourde frappe de balle au bon souvenir du Racing. Plus récemment, sous l’ère Franck Haise, la tradition a perduré avec les retours assassins d’Arnaud Kalimuendo (Rennes) ou d’Ignatius Ganago (Nantes).
Loïs Openda a donc le profil idéal pour perpétuer cette malédiction. À la défense lensoise de conjurer le sort.
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