Insultes envers les Lensois : l’incompréhensible relaxe d’Éric Diard et la lâche excuse du « piratage »

Il aura fallu patienter un an et demi pour assister à un dénouement judiciaire qui laisse un goût particulièrement amer en Artois. Ce mardi 22 septembre 2026, le tribunal judiciaire de Béthune a prononcé la relaxe d’Éric Diard.

L’ancien député LR des Bouches-du-Rhône, proche de Xavier Bertrand, comparaissait pour avoir, au lendemain d’une victoire du RC Lens face à l’OM en mars 2025, copieusement insulté les supporters artésiens sur X (ex-Twitter), osant le sordide « Entre consanguins ? » et l’ignoble « N’oubliez pas de tous vous coucher en famille après avoir bien bu ».

La ficelle usée du « ce n’est pas moi »

Au-delà de la violence gratuite de ces clichés éculés qui rappellent les pires heures de la banderole du Stade de France, c’est la ligne de défense de l’ancien élu de la République qui suscite une profonde indignation. Brillant par son absence à l’audience, Éric Diard s’est réfugié derrière l’excuse la plus lâche et la plus éculée de l’ère numérique : le fameux « c’est pas moi ».
Selon sa version, maintenue bec et ongles par son avocat, une mystérieuse personne de son entourage aurait profité de son ordinateur resté allumé pour s’énerver stupidement sur son clavier, totalement à son insu. Une justification grotesque, qui prend les citoyens pour des imbéciles. Cette excuse du piratage de complaisance est d’autant plus irrecevable que le personnage est un multirécidiviste du dérapage numérique. Rappelons qu’en 2021, ce grand admirateur d’Elon Musk avait déjà été condamné pour injure publique après avoir traité Willy Schraen, le patron des chasseurs, de « chapon » et d’« abruti ». Le syndrome de la main invisible a visiblement le dos large.

Une pirouette juridique aux conséquences désastreuses

Pourtant, ce n’est même pas sur la crédibilité de cette excuse fantaisiste que la justice s’est appuyée pour blanchir l’ancien maire de Sausset-les-Pins. Le tribunal s’est retranché derrière une subtilité juridique glaçante : pour que l’infraction soit caractérisée, il fallait pouvoir identifier précisément une personne ou un groupe juridiquement défini (un « corps constitué »). Les juges ont estimé que les victimes de ces propos haineux n’étaient pas suffisamment identifiables au sens strict de la loi.
En clair, cracher son mépris de classe et insulter toute une région sur les réseaux sociaux ne tombe pas sous le coup de la loi, tant que la cible est jugée trop vaste. La plainte légitime et unanime de la Ville de Lens, portée par le maire Sylvain Robert pour empêcher la banalisation de la haine, se heurte ainsi à un mur technocratique.

Cette relaxe est un naufrage moral. Elle valide l’impunité des lâches du clavier qui salissent l’image d’un territoire avant de se cacher derrière le dos d’un entourage imaginaire au premier coup de vent judiciaire. Le RC Lens et ses supporters méritaient que la justice condamne fermement cette arrogance ; ils n’auront eu droit qu’à un bras d’honneur légal.

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