Incapable de parler, frappé par la maladie : la bouleversante descente aux enfers de l’ex lensois Jean-Marc Furlan

Il n’a porté les couleurs du RC Lens qu’une seule saison, lors du douloureux exercice 1988-1989. Pourtant, malgré la relégation et le contexte difficile, Jean-Marc Furlan a toujours clamé son amour pour le public de Bollaert-Delelis.

Devenu par la suite l’un des techniciens les plus emblématiques du football français (recordman des montées en Ligue 1), il affrontait le Racing avec ce même frisson intact. Aujourd’hui, à 68 ans, le « coach Furlan » mène un tout autre combat, infiniment plus rude, raconté avec une bouleversante pudeur par le journal L’Équipe.

Le football, une passion « qui mange le cerveau »

Atteint d’une pathologie neurodégénérative complexe et incurable, possiblement liée aux chocs crâniens répétés de son ancienne vie de rugueux défenseur central, Jean-Marc Furlan ne peut plus entraîner. Les fins de parcours chaotiques à Auxerre puis à Caen, marquées par des gestes d’humeur et des mots déplacés, n’étaient en réalité que les prémices d’un mal rampant qui altérait déjà son comportement. « Il était déjà atteint de sa maladie. L’un de ses symptômes conduit à un langage perturbé. Il est désinhibé ou il s’éteint », explique avec tendresse son épouse, Cécile, dans les colonnes du quotidien sportif.
Avant ce diagnostic implacable, le corps de l’ancien entraîneur avait déjà sonné l’alarme, épuisé par le stress inhérent au banc de touche. Arythmie cardiaque, cancer, embolie pulmonaire… L’homme a tout affronté au nom de son amour du ballon rond. « C’est presque une fierté pour lui de se dire : « Je suis tellement amoureux du football que j’en suis tombé malade » », confie celle qui partage sa vie depuis vingt ans.

Un nouveau monde millimétré, porté par l’amour

Aujourd’hui, l’homme de lettres, grand lecteur, ne peut plus ni lire, ni écrire, ni formuler de phrases. L’emploi du temps du couple, installé dans l’Yonne, est désormais pensé pour freiner l’évolution de la maladie. « L’activité est la clé », insiste Cécile. Du vélo d’appartement au yoga adapté, en passant par des séances d’orthophonie ou de musicothérapie, chaque instant est un défi pour le stimuler sur les plans cognitif et moteur.
Dans ce quotidien éprouvant, la lumière jaillit de petits miracles, comme lorsque l’ancien technicien se met soudainement à chanter du Vianney en voiture, ou lorsqu’il feuillette l’album photo de ses anciens joueurs, nombreux à venir lui rendre visite. Refusant la fatalité du désespoir, Cécile Furlan, doctorante en psychologie du sport, a pris la plume pour témoigner de cette épreuve dans un livre. Un hommage vibrant pour que l’image de son mari ne se résume pas à ses dernières sorties médiatiques.

« Je suis heureuse avec lui et auprès de lui, car Jean-Marc est l’amour de ma vie », conclut-elle, bouleversante de résilience. Un témoignage poignant qui rappelle brutalement la fragilité de ces hommes que l’on érige en icônes ou que l’on détruit sur l’autel du résultat sportif, et qui force le respect face au courage immense de ces « aidantes-aimantes » de l’ombre.

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