Il fut un temps, pas si lointain, où Elye Wahi valait 40 millions, enchaînait les appels tranchants, les buts bien sentis à la Mosson et faisait tourner les têtes jusqu’aux couloirs des clubs anglais. Aujourd’hui ? Il s’apprête à poser ses valises, en prêt à Nice, avec un compteur bloqué à zéro but en Bundesliga et une carrière qui ressemble de plus en plus à une ligne de montagnes russes détraquées.
Le deal est quasiment bouclé : six mois sans option d’achat, pas d’indemnité de prêt, juste le salaire à éponger. Autant dire que Francfort est plus pressé de s’en débarrasser que de rentabiliser son investissement de 26 M€ lâché en janvier dernier. À Nice, on cherche un buteur, un vrai, et on tente le pari Elye Wahi faute de mieux, ou faute de moyens.
Mais le plus savoureux, c’est que cette opération porte la signature fantôme d’un homme qui n’est même plus là pour l’accueillir : Franck Haise. Le désormais ex-entraîneur du Gym, poliment éjecté après avoir conduit Nice droit dans le mur, avec la complicité de sa direction, avait initié les pourparlers avec l’ancien lensois avant son départ, avec la foi touchante de celui qui croit encore pouvoir faire éclore un talent mal cadré. Claude Puel, fraîchement intronisé, va simplement validé le colis à la réception.
Nous en parlions déjà en octobre : Elye Wahi sur le marché, Franck Haise à l’affût ?
À Lens, on s’étrangle de rire. Il faut dire que les supporters Sang et Or ont encore en travers de la gorge le transfert raté de Wahi à l’été 2023, payé à prix d’or, encensé dès son arrivée et sifflé copieusement six mois plus tard. Une saison en 3-4-3, une relation crispée avec le public, des gestes d’agacement, des courses en dilettante… et au final, un joueur débarqué comme un sauveur mais reparti comme un problème.
Le passage à Marseille et Francfort ? Un naufrage en plusieurs actes. Manque d’implication, état d’esprit flottant, efforts en pointillés…
Et voilà que Nice fait appel à Wahi pour tenter de sauver les meubles. INEOS ne veut plus investir, l’attaque est stérile, alors on tente le coup d’un joueur en perdition… Parce qu’au fond, les relances désespérées, ça se tente quand on n’a plus rien à perdre.
On en viendrait presque à se demander pourquoi Franck Haise, après avoir enrôlé Abdul Samed et Juma Bah (deux ex-lensois aujourd’hui éjectés du onze), a encore misé sur un joueur qui avait déjà calé sous ses ordres. Peut-être pensait-il que le changement de décor réveillerait le talent.
Sauf que Haise est parti, et que Wahi débarque dans un vestiaire à reconstruire, avec un coach qu’il ne connaît pas, et une pression XXL pour marquer, vite et beaucoup. Il reste au joueur six mois pour réparer sa trajectoire, effacer l’étiquette de flop de luxe et convaincre que son avenir ne se résume pas à un prêt de la dernière chance. Parce qu’à force de décevoir, même les ligues refuges finiront par fermer leurs portes.
Les supporters niçois, qui ne sont pas réputés pour leur patience, risquent de ne pas être indulgents bien longtemps.
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