Dino Toppmöller a tenu hier sa première conférence de presse d’avant-match officiel à la Gaillette, à la veille d’affronter le PSG pour le Trophée des champions. L’occasion de mesurer, deux mois après le départ de Pierre Sage, à quel point le style face aux micros a changé du côté artésien.
Dino Toppmöller, la méthode de l’optimisme mesuré
Face à la presse, l’Allemand a livré un discours résolument tourné vers la confiance collective, sans jamais s’aventurer sur un terrain qui pourrait prêter à la polémique : « je sens le groupe est prêt pour le match. Tout le monde veut écrire l’histoire du club. »
Il a poursuivi sur le même registre en évoquant l’enjeu sportif de la rencontre, entre respect assumé pour l’adversaire et volonté affichée de ne rien lâcher : « on sait bien que le PSG est favori (…) mais nous serons prêts et ce sera à nous de le montrer dimanche. »
Une rhétorique qui n’est pas sans rappeler les grands principes de la méthode Coué : répéter des formules positives, presque incantatoires, pour installer une dynamique psychologique favorable dans le vestiaire comme à l’extérieur. À cela s’ajoute une couche de langue de bois assez classique chez les entraîneurs, qui laisse peu de prise à l’interprétation ou à la petite phrase qui ferait polémique.
Pierre Sage, le franc-parler et l’émotion à fleur de peau
Le contraste avec son prédécesseur reste net. Pierre Sage avait construit sa réputation sur un exercice de la conférence de presse beaucoup plus spontané, volubile, entrant davantage dans le détail tactique ou humain de ses décisions.
Sa maîtrise fine de la langue française lui permettait des explications étoffées, parfois teintées d’une ironie assumée pour désamorcer une situation tendue plutôt que de la nier platement, à l’image de sa célèbre pique sur « l’air de la Côte d’Azur » après un match compliqué à Nice.
Chez lui, l’émotion transparaissait souvent directement dans le ton ou les mimiques, sans qu’il cherche particulièrement à la masquer.
Deux personnalités, deux contextes
Cette différence de registre tient sans doute autant à la personnalité de chacun qu’au contexte linguistique : s’exprimer dans sa langue maternelle facilite naturellement la nuance et la répartie, quand un entraîneur étranger, aussi bon communicant soit-il, reste davantage sur des formulations sécurisées.
Reste que ce changement de ton est déjà bien perceptible pour les observateurs habitués aux prises de parole du club : Toppmöller apparaît nettement plus impénétrable, quand Sage laissait davantage transparaître ses états d’âme, pour le meilleur comme pour le pire.
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