De l’argent frais au RC Lens, mais pas pour le mercato

Partagez sur vos réseaux

Le RC Lens a officialisé ce lundi l’entrée de deux nouveaux actionnaires minoritaires à son capital, lors d’une conférence de presse organisée à Bollaert-Delelis. Le fonds américain Entrepreneur Equity Partners (EEP) et l’homme d’affaires régional Jean-Paul Lempereur rejoignent ainsi la structure capitalistique du club.

Une opération autour de 30 millions d’euros

EEP fait son entrée à hauteur de 13,93 % du capital, tandis que Jean-Paul Lempereur, fondateur du groupe Lempereur et déjà membre du conseil d’administration depuis 2025, prend 2,79 % à titre personnel via une holding patrimoniale. Joseph Oughourlian reste largement majoritaire avec 69,10 % des parts, aux côtés de Side Invest (13,56 %) et de l’ancien capitaine Seko Fofana (0,62 %). Le président lensois évoque une transaction globale « autour d’une trentaine de millions d’euros, un peu moins ».

Une précision importante pour les supporters : rien pour le sportif

Sur ce point, la direction n’a laissé planer aucune ambiguïté : ces nouveaux fonds ne viendront gonfler ni le budget transferts ni les salaires de l’effectif. Leur destination est ailleurs, entièrement tournée vers la pierre : moderniser et faire vivre les abords de Bollaert-Delelis, racheté par le club en décembre dernier, en synergie avec des projets urbains locaux comme Central One. L’idée est de transformer le quartier du stade en véritable pôle d’attraction toute l’année, et pas seulement les jours de match, pour muscler à terme les revenus commerciaux du club, un enjeu vital dans un football français aujourd’hui privé de la manne des droits télévisés.

Une gouvernance qui évolue également

Ces arrivées s’accompagnent de changements au conseil d’administration : Pierre Dréossi quitte l’instance, tandis qu’Antoine Grolin, président de Nhood et membre du conseil de gérance de l’Association familiale Mulliez, y fait son entrée. EEP y sera représenté par son président, Tim Leiweke.

Qui est Tim Leiweke ?

L’Américain de 69 ans, originaire d’une famille modeste du Missouri, affiche un parcours impressionnant dans le monde du sport business : ancien président du Los Angeles Galaxy où il avait fait venir David Beckham, passé par la direction des Denver Nuggets en NBA, à la tête du géant AEG pendant plus de dix ans, puis fondateur d’Oak View Group, référence mondiale du développement d’arénas. Son fonds détient déjà des parts minoritaires à Venise, à Bolton et au Betis Séville. Séduit par la vision à long terme du projet lensois, il n’a pas caché son enthousiasme : « d’autres clubs croyaient peut-être avoir un peu plus de valeur que le RC Lens, mais ce n’est pas le cas. » Il a d’ailleurs étudié le cas de Lille avant de se tourner vers Lens.
Il assure vouloir se concentrer sur l’expérience des supporters plutôt que sur les choix sportifs : « on ne sera pas impliqué dans le choix des joueurs, notre spécialité c’est l’entertainment, l’expérience des supporters. »
Selon La Voix Des Sports, qui cite l’agence Reuters, Tim Leiweke a été gracié par Donald Trump, en décembre dernier, alors qu’il était inculpé dans une affaire de truquage d’appel d’offres d’une aréna à Austin, ce qui avait mis fin aux poursuites pénales.

Une porte laissée ouverte à l’actionnariat populaire

Le club indique enfin rester ouvert, à terme, à la création d’un modèle permettant aux supporters de participer plus directement à la vie du Racing, sans donner davantage de précisions à ce stade sur les contours d’un tel dispositif.

Nos derniers articles :